Piton de la Fournaise : une plateforme de lave instable et des changements en profondeur

L’éruption du Piton de la Fournaise se poursuit avec une reprise des fontaines de lave et une progression des coulées jusqu’à l’océan. L'activité en profondeur a néanmoins évolué.
Sur le site éruptif, l’activité s’est récemment intensifiée. "L’activité en fontaine de lave a repris sur le site éruptif avec des projections à une dizaine de mètres de hauteur au-dessus du cône, visibles depuis le Piton de Bert", indique l'Observatoire volcanologique du Piton de la Fournaise dans son bulletin du jour.
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Le champ de lave reste structuré autour de deux branches principales. Le bras nord est de nouveau alimenté depuis le 18 mars, tandis que le bras sud a poursuivi sa progression jusqu’à l’océan. "Depuis le 18 mars, le bras nord est de nouveau alimenté avec une coulée qui se trouvait en bas des Grandes Pentes à une altitude de 690m, ce matin à 9h10, heure locale."
En amont de la route, l’activité reste dynamique avec plusieurs coulées secondaires toujours actives, certaines poursuivant leur progression vers la RN2.
Une plateforme de lave en expansion dans l’océan
Au point d’entrée en mer, la lave continue de construire une plateforme. "Les observations effectuées par les équipes de l’OVPF le 19 mars indiquent que la plateforme a progressé d’environ 129 m sur l’océan, sur une largeur d'environ 665 m le long de la côte préexistante. Cette plateforme s’élève à une hauteur maximum d'environ 6 m au-dessus de l’océan et représentait un volume émergé d’un peu moins de 200.000 m3 de lave (au-dessus du niveau de la mer) le 19 mars". Des estimations qui restent à confirmer, indique l'OVPF.
La plateforme, "composée d’une accumulation de coulées de lave et de fragments rocheux", est très instable et fragile. Des explosions peuvent survenir, notamment lors du contact entre la lave et l’eau ou en cas d’effondrement.
Le panache est également présent en permanence au niveau de l’entrée en mer. Ce phénomène peut être irritant et dépend fortement des conditions météorologiques, rappellent les scientifiques.
Par ailleurs, des circulations de lave en tunnel se sont développées au niveau de la plateforme."A la surface des zones durcies, la température reste élevée, supérieure à 100°C". Un survol en drone effectué par les scientifiques a également montré des "remontées d’eau chaude au large de la plateforme, suggérant la formation de coulées sous-marines en pillow-lava".
Une activité interne en évolution
En profondeur, plusieurs indicateurs confirment une évolution du système volcanique. L’activité sismique est en hausse, avec "plus de 130 séismes volcano-tectoniques détectés sur la journée du 19 mars".
Dans le même temps, les scientifiques observent un changement au sommet du volcan. "La déflation de la zone sommitale est également maintenant bien marquée." Ce phénomène traduit une baisse de pression dans le réservoir de magma.
L’activité est également marquée par une intensification du trémor éruptif et du dégazage. En surface, cela se traduit par une alternance entre des phases de projections et des périodes plus calmes.
Les débits de lave sont en hausse, avec des valeurs importantes enregistrées ces derniers jours, signe d’une alimentation toujours active en surface.
Dans ce contexte, les scientifiques restent prudents. "Dans ce contexte, l’ouverture de nouvelles fissures éruptives n’est pas exclue."


