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Cyclone Chido : « Notre cœur est à Mayotte, clairement »

Ecrit par Sydney Labelle – le mercredi 18 décembre 2024 à 07H43

Après le passage du cyclone Chido à Mayotte, les Mahorais éloignés de l'île commencent enfin à recevoir des nouvelles de leurs familles en ce début de semaine. Le département français fait face à une crise humanitaire sans précédent.

Grâce aux différents canaux de communication et aux réseaux sociaux, les Mahorais vivant à distance peuvent suivre la situation en temps réel. Les habitants sur place partagent les ravages causés par le cyclone tropical. Les médias relaient, quant à eux, les nombreuses difficultés auxquelles l'île est confrontée : destruction d'infrastructures publiques. « Les dégâts matériels montrent la vulnérabilité de l'île », souligne Asina.

« Chez nous, il y avait beaucoup de fuites, des fissures dans les murs, des inondations… Mais la maison n'a pas été totalement détruite », raconte Saïd Inchati, soulagée.

Étudiante à Grenoble, Saïd Inchati a de la famille à Amtsahara, dans le nord de Mayotte. Ramadani Asina, étudiante à l'Université de La Réunion, a, elle, des proches dans le quartier de Labattoir, situé à Dzaoudzi. Loin de leur famille, les deux jeunes femmes partagent leur ressenti face aux dégâts laissés par Chido.

« J'avais énormément de frustration, de stress et de peur »

Dès l'annonce de l'arrivée du cyclone, Inchati et Asina ont pris des nouvelles de leurs proches. L'accès à l'eau potable et la sécurité de leur famille constituaient leur principale préoccupation. « On n'est jamais bien préparé à ça. C'est un risque naturel, on ne sait pas comment cela peut tourner », confie Asina.

Après le passage de Chido, les craintes des étudiantes se sont intensifiées. « J'avais extrêmement peur. Le fait de ne pas savoir comment se sentent mes proches, s'il y a eu des blessés ou s'ils sont en danger, m'a énormément frustrée. J'ai tenté de contacter mes parents plusieurs fois par téléphone, sur les réseaux sociaux, en passant par la famille proche, mais sans succès. Il m'a fallu 24 heures pour avoir enfin des nouvelles », raconte Inchati. Bien que le contact ait été bref, elle a été rassurée d'entendre que ses parents allaient bien.

« Quand on connaît Mayotte, on sait qu'elle est fragile à bien des niveaux. On parle des dégâts matériels, mais… je n'ai pas envie de dire que c'est minime, mais c'est ce qui vient après. Le plus important, c'est de s'assurer qu'il n'y a pas de pertes humaines », ajoute Asina.

« Tout le monde a accès aux réseaux sociaux »

Étudiante en communication publique, Saïd Inchati utilise ses réseaux sociaux pour sensibiliser et partager des informations. « Les réseaux sociaux sont une nouvelle force de communication dans le monde. Publier des images, des vidéos et des articles permet de mobiliser les gens et d'attirer l'attention sur les dégâts. Cela crée une interaction forte et une reconnaissance nécessaire ».

La Réunion apporte son soutien

Face à la catastrophe, la Région, les fonds de solidarité interrégionale, les renforts sanitaires et les opérations de pont aérien viennent en aide aux Mahorais. Pourtant, les deux étudiantes restent partagées quant à l'efficacité de ces actions. « Oui, j'ai vu qu'il y avait des aides venues de La Réunion et d'associations, et c'est très bien, mais je me demande si cela suffira face à l'ampleur des dégâts », s'interroge Inchati. De son côté, Asina garde espoir : « C'est sûr que la reconstruction prendra du temps. Il faut que chacun fasse preuve de résilience. De notre côté, nous essayons d'envoyer des colis, des vêtements, tout ce qui peut être utile. Je ne pense pas aux changements tout de suite, mais plutôt à l'aide dont l'île a besoin. J'espère que nous pourrons tous contribuer, chacun à sa manière, pour aider une île si proche de nous ».

« Je souhaite faire passer un message »

« Moi, Saïd Inchati, Mahoraise vivant en métropole, je souhaite lancer un message fort pour demander de l'aide pour Mayotte et pour la reconstruction de mon île. J'aimerais que l'État reconnaisse la catastrophe naturelle que nous venons de vivre et que la situation soit prise au sérieux. Nous avons besoin de soutien pour reconstruire Mayotte, mais aussi pour apaiser les cœurs des Mahorais qui traversent actuellement cette épreuve ».

Etiquettes : Cyclone Chido | Mayotte

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