En colère, ambulanciers et taxiteurs menacent de passer à l'action

« Pas plus de deux semaines, grand maximum ». Interrogé ce vendredi 8 novembre sur le délai accordé aux autorités compétentes pour apporter des réponses aux revendications des acteurs du transport sanitaire, Bruno Fontaine a expliqué que « la situation économique en dégradation » des entreprises d'ambulances et de taxis n'autorisait plus l'attentisme.
Selon le porte-parole du collectif rassemblant des gérants des deux professions, le mode de délivrance des prescriptions permettant le remboursement du transport d'un patient d'un point A vers un point B serait un facteur de pertes importantes d'argent.
D'abord parce que les acteurs de santé, en premier lieu les médecins, rédigent leurs prescriptions à la main et qu'elles comporteraient leur lot d'erreurs, quand elles ne seraient pas illisibles. Lorsqu'un contrôle de la Sécurité sociale relève une erreur, une somme indue est systématiquement réclamée au transporteur, déplore le syndicat des ambulanciers FSDA 974.
Les ambulanciers soulignent aussi se mettre dans l'illégalité lorsqu'ils acceptent de transporter un patient jusqu'à son médecin en anticipant la prescription de transport qui leur sera délivrée, a posteriori, lors du rendez-vous. Un système de transmission de prescriptions dématérialisées existe bien, mais les ambulanciers disent ne pas avoir accès aux serveurs sécurisés dédiés.
Bruno Fontaine dénonce par ailleurs les « attentes interminables » des ambulanciers, bien au-delà du délai rémunéré de 15 minutes, qui occasionnent d'importantes pertes financières en immobilisant les véhicules et les personnels.
Forte mobilisation annoncée
« Nous sollicitons des espaces dédiés pour l'accueil dans les hôpitaux, comme la réglementation le prévoit, et des places de parking attitrées », ajoute Bruno Fontaine. Son collègue Grégory Tréport, président du syndicat de taxiteurs FRAT, relève que ce sont souvent les chauffeurs qui pallient à l'absence d'accueil en accompagnant eux-mêmes les patients jusqu'au service où ils ont rendez-vous.
Grégory Tréport annonce d'ores et déjà une forte mobilisation des taxiteurs en cas de désaccord sur les négociations nationales en cours sur la future convention qui doit fixer les tarifs des courses pour cette profession réglementée. « La demande est de faire des économies sur le transport sanitaire, on peut l'entendre. Mais on n'est pas d'accord avec le projet de convention cadre qui prévoit un coup de rabot de -50%, alors que nos charges, elles, ne vont pas diminuer », prévient Grégory Tréport.
Selon la Fédération syndicale des ambulanciers 974, « 70% des entreprises n'étaient pas à jour du RNT [référentiel national des transporteurs]» au premier semestre 2024, ce qui a occasionné des pénalités financières contestées par les transporteurs.
A noter par ailleurs que la profession réclame l'autorisation de circuler sur les voies réservées aux bus, une disposition qui ne leur a été accordée jusqu'ici que par la Région. « C'est juste ahurissant. Des policiers nous ont arrêtés et ont refusé de nous laisser repartir alors que nous étions dans une situation d'urgence », affirme Bruno Fontaine.


