Les parents se battent violemment sur le parking, l'enfant posé par terre en couche culotte

La scène se déroule sur le parking d’une résidence de la Possession le 5 avril dernier. Après un repas familial où, une fois n’est pas coutume, l’alcool a joué un rôle déterminant, un couple a fini les festivités en se battant violemment devant leur enfant de 2 ans. Cette dispute est partie du refus de monsieur de laisser boire sa compagne. "Elle sait que je ne veux pas qu’elle boive de l’alcool dur, mais elle boit dans mon dos", explique-t-il. Elle n’apprécie pas et décide de prendre leur fille pour descendre chez ses parents à Saint-Louis. Il s’interpose afin de l’empêcher de prendre l’enfant et la voiture compte tenue de son état fortement alcoolisé.
Une bagarre éclate quand elle veut récupérer l’enfant. Il la projette violemment dans un fossé. Elle se relève et là, il la prend à la gorge et commence à l’étrangler. Dans le même temps, elle se défend et jette des pierres sur lui. Ce sont des témoins, qui, devant ce navrant spectacle, appellent la gendarmerie. Quand la police arrive, elle est hystérique et menace de leur lancer des pierres. Ils sont dans l’obligation de la plaquer au sol pour la maîtriser. Lui est calme et se laisse appréhender sans difficulté. Si elle refuse de porter plainte, lui est placé en garde à vue. "On s’est battu tous les deux, j’ai aussi ma part de responsabilité", dit-elle au président lors de l’audience. Toute la scène se déroule devant les yeux de l’enfant, posé en couche-culotte à même le sol du parking.
Le parquet décide finalement de le poursuivre pour violences sur conjointe en présence d’un enfant. Il est présenté cet après-midi en comparution immédiate. Pas vraiment un enfant de chœur, il compte 8 mentions à son casier, dont une peine de prison pour des violences, sur sa conjointe. Il totalise 5 incarcérations et fait l’objet d’obligations de soin pour son addiction à l’alcool. "Je suis suivi pour diminuer, pas pour arrêter, ce n’est pas possible" indique-t-il à la cour. "Vous avez bien dit diminuer ? Vous avez raison, il faut avoir des ambitions modestes", répond le président. À noter qu’avant la scène du parking, toujours pour empêcher madame de boire de "l’alcool dur", il a pris un coup de couteau qu’il a réussi à esquiver en partie. Le médecin relève sur lui 3 points de suture et des ecchymoses dues à l’altercation. Ils ne sont plus ensemble, mais ils ont toujours des relations dit l’enquête sociale rapide.
"L’enfant a été retrouvé avec du sang sur lui et sur sa maman"
Compte tenu du contexte d’alcoolisation mutuelle, l’Arajufa s’est portée partie civile pour l’enfant. "Ce sont des violences importantes de part et d’autre. L’enfant a été retrouvé avec du sang sur lui et sur sa maman", indique l’avocat. "La scène a été très violente. Les forces de l’ordre sont venues à la demande des témoins. Il l’a jetée par terre et étranglée. On aurait pu retenir des violences réciproques, mais il s’agit d’extrêmes violences à l’encontre de madame devant leur enfant posé à terre en couche-culotte sur le parking à regarder. Il y a un contexte d’alcool très important, mais il était très calme et violent volontairement. Je vous demande une peine de 1 an de prison plus révocation de son sursis à hauteur de 3 mois. Je demande qu’il soit maintenu en détention", enchaîne la procureur.
Le point de vue de la défense est tout autre : "On aurait pu poursuivre madame pour les mêmes faits, il a eu 5 jours d’ITT et elle 2 jours ! Je m’inquiète du choix du parquet de ne poursuivre que lui et je m’interroge. Seules les femmes sont les victimes de violences conjugales ? On aurait pu avoir une procédure pour violences réciproques. Madame ne l’a pas raté non plus ! Leur vie c’est l’alcool, et dans son cas ce qui est fondamental, c’est qu’il se soigne". Le tribunal après en avoir délibéré, le déclare coupable et le condamne à 1 an de prison plus la révocation du sursis de 3 mois. Il est maintenu en détention.


