Cambriolages en série: "Si on me condamne, je vais devenir violent et fou"

Cinq prévenus comparaissaient cet après-midi au tribunal judiciaire de Saint-Denis pour répondre d'une série de 24 cambriolages dans l'est de l'île. Crise sanitaire oblige, l'audience s'est tenue par visioconférence - les cinq sont en détention - depuis les établissements pénitentiaires du Port et de Domenjod. La procédure fait clairement apparaître que trois d'entre eux sont impliqués pour l'ensemble des 24 cambriolages, un sert de receleur et le dernier doit répondre de sa présence sur 3 vols, ce qu'il nie farouchement. Le meneur de la bande répond également de violence avec arme - une voiture - n'entraînant pas d'ITT. Il a foncé sur une personne en quittant un vol.
Après que le président a fait l'éloge de leurs états de services, on constate que quatre d'ente eux, sont connus défavorablement de la justice. Le cinquième est primo délinquant. Agissant toujours selon le même mode opératoire, le meneur récupérait ses dalons en voiture et la bande partait à la recherche de proies. Pas de distinction dans les choix de leurs victimes, tout y passait, maisons d'habitation, auto-écoles, commerces. Une fois le travail accompli, le butin était déposé chez le receleur de la bande pour la revente du matériel. Le numéraire a bien entendu disparu. Ils ont même dérobé pour 15 000€ de ticket de jeu.
Jugés pour les 24 cambriolages qu'ils s'accordent plus ou moins à reconnaître
Jugés pour les 24 cambriolages qu'ils s'accordent plus ou moins à reconnaître, la procureur indique cependant qu'elle n'a retenu que ceux qui étaient reconnus. La liste est réalité beaucoup plus longue. Si l'audience est fastidieuse en raison de la visioconférence, les prévenus sont plutôt calmes. Alors qu'ils seraient debout et ensembles au tribunal, ils sont par deux et assis devant la camera. Il est important de noter que les avocats ne peuvent s'entretenir avec leurs clients par visio, que 5 minutes avant l'audience. Ils ne peuvent donc pas "briefer" leurs clients. L'idée étant de ne pas donner de grain à moudre au tribunal.
Ce qui devait arriver arriva, lorsqu'un des meneurs n'a pu se retenir : "Si on me condamne, je fais devenir violent et fou. Je fais 1m90 pour 92 kg, je ne pense pas que c'est bon pour la société que quelqu'un comme moi sorte après trois ans de prison" explique-t-il au grand damne son avocat. Une telle affirmation fait toujours sensation auprès du tribunal, surtout juste avant qu'il se retire pour délibérer. L'air dépité de son avocat n'avait d'égal que le rictus du président qui n'en demandait sans doute pas moins.
Après délibération, le chef de la bande prend 4 ans et reste en prison. Le receleur, eu égard à son casier, est condamné à 1 an et reste aussi en prison. Le bras droit du meneur écope de 3 ans avec sursis simple, car il n'a pas de casier. Le quatrième prend 6 mois - il ne comparaissait que pour 3 vols- - et reste en détention. Le dernier, 1m90 pour 92 kg, prend 3 ans, il est maintenu en détention.


