Le "petit escroc" qui a fait plus de 40 victimes, condamné

Cela fait cinq ans que ça dure, rien de nouveau donc pour David Ranganayaguy, 28 ans. Déjà incarcéré pour des faits d’escroquerie commis entre 2014 et 2016 sur 33 victimes, il était jugé devant le tribunal correctionnel de Champ-Fleuri ce vendredi pour des faits identiques commis entre 2016 et 2017. Cette fois-ci, les victimes sont huit.
Cet homme timide et mal à l’aise dans la salle d’audience du tribunal avait pourtant bien la tchatche avant d’être arrêté. Pour convaincre les gens de luis donner leur argent, il prétendait être un employeur avec des postes à pourvoir, un propriétaire d’appartements en location, un vendeur de voitures, un fiancé dont le mariage a été annulé avec de l’alcool à revendre ou encore un avocat. Des services ou des biens en échange d’acomptes parfois de plusieurs milliers d’euros, évidemment. Sur son casier judiciaire : 14 mentions.
"Vous ne manquez pas de culot", lui lance le président d’audience, Bernard Molié. "Je n’avais pas de diplôme, répond le prévenu. – Si tout le monde sans diplôme faisait comme vous…".
Son avocate retrace donc l’enfance de David Ranganayaguy qui a subi des attouchements sexuels pendant plusieurs années. Jusque-là réservé, il éclate alors en sanglots. "Il a porté plainte à 18 ans, mais personne ne l’a cru, poursuit-il, il s’est donc inventé une vie". Mais les juges n’ont pas été sensibles. Si la procureure qui le caractérise de "petit escroc assez déterminé pour qui c'est un mode de vie" a requis un an de prison à son encontre, le tribunal a décidé de rajouter 18 mois à la peine qu’il purge déjà.


