Après la mort de sa petite-amie, il est obsédé par l’inconnue qui lui ressemble

"Elle passait devant moi lentement, me regardait et me faisait signe de la suivre"… Voilà comment aurait commencé l’obsession d’un jeune homme désillusionné de 26 ans. En 2016, il fréquente la même salle de sport qu’une mère de famille à Savanna. Plus âgée, mariée, maman de deux enfants… mais selon lui, c’est elle qui le provoque. Le vécu n’est pas tout à fait le même pour cette maman, "le harcèlement est devenu invivable pendant un an et demi".
Il commence un beau jour à la suivre dans la salle passant de machine en machine afin de mieux se positionner derrière elle, la poursuit jusqu’à sa voiture, l’attend devant son travail, l’interpelle dans les parkings… Aucune femme n’est aussi belle qu’elle, il la veut, lui propose de faire l’amour. Elle a beau lui refuser et son mari va même s’énerver, mais il n’y a rien à faire.
Interpellé, le jeune homme explique avoir perdu sa compagne dans un accident de voiture et que cette femme lui ressemble. Selon son avocat, Me Laurent Payen, le prévenu ne peut être tenu responsable de ses actes, sa santé mentale ayant été impactée par la mort de sa petite-amie. "Il n’a ni antécédents ni casier, mais ce jour-là, il y a eu un basculement dans sa personnalité". L’expertise psychiatrique confirme en effet des traits paranoïaques.
Lors d’une première audition, il avoue avoir fait une fixation, "flashé" et "devenu accro à elle". Un jour, elle a eu le malheur de passer à proximité de son lieu de travail en voiture: "Comme si elle voulait une passe". Et évidemment, ses tenues vestimentaires étaient aussi des signes de provocation, soit "des tenues indécentes, les fesses à moitié dehors". "Elle me cherchait". Le président d’audience, Hugues Courtial, ne rate pas l’occasion : "Ça doit être difficile à La Réunion. Vous devez vous sentir un peu harcelé non ?"
"Elles veulent leur coup avec moi parce que je suis un rappeur. Elles en veulent à mon argent"
Mais non, il n’a pas tort. C’est une "folle", "accro à la cocaïne" sur qui il faut effectuer "une fouille rectale, anale, nasale" et ses collègues qui le remarquent également à maintes reprises errer devant son travail sont des menteuses. "Elles veulent leur coup avec moi parce que je suis un rappeur. Elles en veulent à mon argent".
Le couple rend justice lui même, à coups de sabre
Difficile de lui faire entendre raison à ce jeune homme. Surtout que la victime a tenté à plusieurs reprises de porter plainte mais on lui conseille d’écrire au procureur de la République. Chose qu’elle fait mais voilà que le couple perd patience, s’arme de sabres et agresse le prévenu. Six jours d’ITT. Mais ils ne seront pas poursuivis.
Le prévenu est quant à lui condamné à 12 mois de sursis assortis d'une obligation de soins et d'indemniser la victime ainsi que l'interdiction d'entrer en contact avec elle et de se rendre sur la commune de Saint-Paul.


