Le soleil des voyous : "Ça la loi in bande macros, ça !"

J’ai cru entendre " poigné d’zini yamayaho ! " mais n’en suis pas sûr, n’ayant guère le loisir de perfectionner mon mahorais. Mais j’en jurerais. Je ne vous le traduirai pas car cette insulte est la plus grave que puisse proférer un Mahorais et ça se lave souvent dans le sang.
J’ai piqué le titre de ce papier à un film de Delannoy avec Gabin où des truands sur le retour continuent de croire que la loi, ben c’est pas fait pour eux.
C’est le cas de Dhinouraini, 23 ans, déjà 17 condamnations à son CV : violences diverses, outrages, menaces de mort, incivilités, état éthylique, etc. Des condamnations qui ont débuté dans son île, liste parachevée chez nous.
Une petite gare bien tranquille…
Cette fois, l’insoumis devait répondre de violences et menaces à l’encontre d’un chauffeur de bus. L’affaire s’est passée le 27 janvier 2017 à 18 heures à la gare routière de Saint-Joseph. Une gare auparavant qualifiée de tranquille " mais ce temps est loin, Cinna… ". Elle ne l’est plus, elle est même devenue très dangereuse depuis que des troupes de voyous en ont fait leur terrain de jeux… vous voyez de quels jeux je veux parler !
Le 27 janvier dernier, 18 heures, plusieurs jeunes s’engouffrent dans le bus, certains payant leur ticket, beaucoup passant outre.
Avant de monter dans le car, l’accusé s’était déjà battu avec son copain Attiama, qu’il avait sérieusement blessé, pour une sombre histoire de dispute quand ils étaient entaulés ensemble à Cayenne. Dhinouraini fait partie de ceux qui entendent voyager sans bourse délier. Le chauffeur refuse de démarrer, ce qui met Dhinouraini dans une rage folle.
Il était en légitime défense, le pôôôôvre !
Il " intime " au chauffeur l’ordre de démarrer et devant le refus compréhensible de l’employé, profère des menaces, bouscule l’homme et lui vole ses lunettes. Tous les témoignages disent que l’accusé a été violent. Mieux : les vidéos de la gare routière le montrent, faisant le fanfaron et menaçant ceux qui passent à sa portée, torse nu, fier-à-bras, insultant grossièrement hommes, femmes, enfants et vieillards. La loi, c’est lui !
A la barre, notre cagnard ne se souvient de rien en dépit de toutes les preuves qui l’accusent. Puis finit par prétendre qu’il était en légitime défense, de quoi, de qui, on ne le saura jamais.
Dans les bancs du public, son copain de violences hoche la tête en signe d’approbation et, pour manifester son mécontentement, installe ses baskets (de grande marque) sur les bancs du public. Ce qui lui vaut plus d’une fois d’être rappelé à la bienséance par le représentant de l’ordre.
"On ne m’aime pas car je suis un délinquant"
Après une série de mots sans suite, bla-bla-bla-… il prétend avoir été frappé et continue de nier quand la présidente Peinaud le met devant la réalité des faits.
Les preuves ? Ses aveux ? "Les gendarmes ont rajouté tout ça. Violent ? Moi ? Je suis tranquille, je suis désolé, navré, etc. On ne m’aime pas car je suis un ancien délinquant, mais j’ai changé". Ben fallait le dire !
Le chauffeur n’était pas présent : il n’a pas eu de congé spécial pour venir à la barre. Il n’était pas non plus représenté, l’entreprise qui l’emploie ne prenant pas en charge les frais d’avocat pour son personnel qui se fait molester !!! Ce qui en dit long sur la conception "très humaine" du travail dans cette boîte de requins ! Persiste et signe.
Le procureur Bernard a mis en avant les mensonges du prévenu et la lourdeur de son casier judiciaire (il sortait de prison 8 jours plus tôt !) et a réclamé 3 mois de prison et 200 euros d’amende.
Verdict final : 3 mois et 100 euros. Ce qui semble peu incitatif à mener une vie moins dangereuse… pour les autres.
C’est lorsque lui et son copain ont quitté la salle que nous avons entendu le " poigné dzini… " Et devant l’arrêt d’autobus, quelques minutes plus tard :
" La loi là, ça la loi in bande macros, ça ! " C’est bien la preuve qu’il a changé, non, tas de mauvais esprits !


