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Vent d'amnésie sur la cour d'assises

L’après-midi d’audience qui a clôturé la première journée du procès de Jean-Charles Artaban n’a rien appris de nouveau sur les circonstances de la mort du petit Mathéo.
Ecrit par zinfos974 – le jeudi 28 avril 2016 à 19H25
Un vent d’amnésie semble avoir soufflé dans les couloirs de la cour d’assises cet après-midi. Jusqu’alors resté replié sur lui-même, Jean-Charles Artanban a été appelé à prendre la parole. Un homme assez grand et d’une carrure imposante se déploie alors. Il a les lèvres pincées et le regard noir.

"Je ne veux pas croire que c’est moi qui ait fait des choses aussi horribles. Je ne suis même pas sûr que c’était moi". Le ton est donné pour le reste de l’audience. Face au président de la cour, Artaban ne "sait plus".

 

"Avez-vous découpé l’enfant?"
- "Peut-être."
"L’avez-vous frappé?"
- "Je ne me rappelle plus."
"Comment peut-on faire des choses pareilles à un petit enfant?"
"Je ne sais pas."
"Tout vous accuse pourtant »
- "..."
"Ce que vous avez fait n’est pas juste mal, c’est monstrueux."

À ce moment Artaban baisse la tête et se balance de droite à gauche. Le président finira en demandant à l’accusé "vous savez pourquoi vous êtes là?" "Oui, pour meurtre, avec des trucs".

La mère de Mathéo, Jasmine, lui tourne d’abord ostensiblement le dos. Elle tient dans sa main une peluche qui appartenait à son enfant. Elle ne se retournera vers lui que dans un élan de stupeur, lorsque son ancien compagnon affirme ne se "souvenir de rien".

 

La partie civile représentée par Maître Morel essaiera de bousculer l’accusé, en vain. "Vous dites que vous ne voulez pas y penser, sinon ça vous empêche de dormir. Vous nous parlez d’hallucinations, de dragons à deux têtes. Mais vous êtes sûr que ce n’est pas plutôt l’image de la tête du petit Mathéo décapité qui vous empêche de dormir?!".

Le frère de l’accusé, Jean-François Artaban, était supposé livrer un témoignage clé. Témoin direct de la scène, il a pourtant lui aussi été frappé d’amnésie partielle. Après avoir déclaré lors des auditions avoir vu le petit Mathéo avec une blessure au cou, il est revenu sur ses dires. Il nie aussi avoir entendu les coups de couteau. Quand les jurés lui demandent "pourquoi ne pas avoir essayé de sauver l’enfant?" il répond simplement"ce n’était pas le mien, je ne voulais pas avoir de problèmes".

La deuxième analyse de médecine légale n’a rien appris de plus à la cour. La seule certitude étant que Mathéo était encore vivant lorsqu’il a reçu les coups à la tête. Pour le reste, difficile de se prononcer et ce n’est pas l’accusé qui va éclairer les jurés.

 

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