Patrice Nirlo aux Assises: "Cette nature, je veux la chérir de nouveau !"

Pendant toute la matinée de ce deuxième jour de procès, les témoignages de différents agents, administratifs et cadres de l’ONF (Office National des Forêts) se sont succédé. "Personne dans cette salle ne vivra assez longtemps pour voir la forêt du Maïdo telle qu’elle était avant", souligne le président de la Cour d’Appel Jean-Pierre Szysz. Et chaque témoignage dépeint l’ampleur des dégâts infligés au parc national.
"Je suis trop vieux pour voir un résultat un jour"
Olivier James, directeur régional de l’ONF, souligne que sur les 2000 hectares de tamarins que comptait La Réunion, 1500 se trouvaient au Maïdo. 400 hectares sont partis en fumée pendant les incendies. "C’est une catastrophe à plus d’un titre", déplore-t-il. Des tamarins centenaires ont à jamais disparu. En tout, la surface brulée pendant les incendies du Maïdo représente 20% du patrimoine du parc naturel.
Trois espèces végétales endémiques dont des fougères et orchidées ont disparu complètement. Il est compliqué aujourd’hui d’établir un bilan des dégâts. Comme le rappelle un agent de terrain de l’ONF, "la forêt, ce n’est pas qu’un ensemble d’arbres qui poussent les uns à côté des autres. Lorsque l’on connaît des incendies d’une telle importance, la nature ne reprend pas ses droits."
Désarroi, impuissance, exaspération, chaque agent de l’ONF passé à la barre montre bien la frustration ressentie face à un tel carnage écologique. "Ça vous prend aux tripes de voir le travail de toute une vie réduit à néant et de se dire : je suis trop vieux pour voir un résultat un jour" , conclut tristement Olivier James.


