Le blocage de toute la Réunion par les gérants de stations-service est scandaleux !

Depuis ce matin, toutes les stations-services de l'île sont fermées, leurs gérants ayant décidé de faire grève. Enfin, presque toutes puisque quelques gérants avaient décidé de rester ouverts, profitant au passage d'une opportunité de se remplir les poches sur le dos de leurs collègues. Mais leur manège ne durera pas très longtemps, leurs cuves vont très vite se retrouver à sec et ils ne pourront être réapprovisionnés, la SRPP étant bloquée par les grévistes.
Voila la situation. Examinons le problème et ses conséquences maintenant.
Il faut à mon avis différencier le fond de la forme, c'est à dire les revendications qui sont peut-être légitimes d'un côté, et la paralysie de tous les automobilistes de l'autre.
Les gérants ont deux revendications : une revalorisation de leurs marges, qui est semble-t-il inscrite dans l'arrêté interministériel de l'an dernier et que la Préfecture refuserait d'appliquer, et une sorte d'indemnité de fin de contrat qui est versée aux gérants des Antilles en fin d'activité et qui bizarrement n'existe pas à la Réunion alors que les textes le prévoient.
Si ces éléments sont vrais, et dans la mesure où ces deux points ont déjà été négociés et ne sont pas appliqués, il est tout à fait normal que les gérants demandent à en bénéficier. Et peu importe qu'ils roulent en BMW X6 ou en Porsche Cayenne. Il faut que les Créoles arrêtent de "rale le coeur" sur leurs voisins...
Reste la forme, c'est à dire la prise en otages de dizaines de milliers d'automobilistes. Et ça, c'est scandaleux. Les gérants ont été malins. Ils savaient qu'une réunion devait avoir lieu en février avec la Préfecture ([voir ici notre article en exclusivité]urlblank:http://www.zinfos974.com/Selon-la-loi-25-des-stations-auraient-du-etre-requisitionnees-pour-toute-la-population_a81019.html ) qui aurait acté les dispositions d'un nouvel article, le L671-2 du code de l'Energie, qui prévoyait qu'en cas de grève, ils avaient obligation de laisser un quart des stations ouvertes et de prévenir la population trois jours à l'avance. Cette réunion n'ayant pas encore eu lieu, ils n'étaient donc pas tenus de respecter ces nouvelles contraintes.
D'où ma question : Comment se fait-il que le Préfet n'ait pas encore programmé cette réunion, alors que la loi a été votée au mois de juin de l'année dernière ? On parle souvent de la lenteur de l'administration. On en a là un nouvel exemple...
Il y a la loi, mais il y a aussi l'esprit de la loi. Même s'ils n'en avaient pas l'obligation légale, les gérants auraient pu, d'eux mêmes, décider d'appliquer la loi par anticipation et laisser un quart des stations ouvertes. Non seulement ils n'ont pas fait ce choix, mais au contraire ils ont bloqué les dépôts de la SRPP de façon à empêcher le ravitaillement des quelques stations non grévistes.
Ce faisant, ils ont déclenché la colère des Réunionnais qui menacent maintenant de boycotter les boutiques de leurs stations-services, principale source de bénéfices des gérants. Si cette menace peut faire peur sur le papier, les gérants savent qu'ils n'ont pas beaucoup de soucis à se faire. Le Réunionnais i coze un tas, mais y agit pas beaucoup. Je prends sans risques le pari que cette menace sera oubliée dans les minutes qui suivront la réouverture des stations...
Reste un problème que je suis obligé d'évoquer. Je peux comprendre que des automobilistes râlent au bout de trois ou quatre jours de blocage des stations. Mais ceux qui passent à la télé, l'air très en colère, pour nous dire que leur réservoir est à sec, n'ont à s'en prendre qu'à eux mêmes. Ca fait plusieurs jours que la presse, et Zinfos le premier, annonce qu'il y aura très certainement grève. Ils n'ont pas bougé et là, ils viennent se plaindre... Et qu'ils ne viennent pas dire, comme j'ai entendu certains, qu'ils travaillent et n'ont pas eu le temps de faire le plein. Que je sache, les stations ne ferment pas à 17h...


