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Enseignement supérieur: Huguette Bello demande la révision de la carte des BTS et IUT

L’Assemblée nationale a examiné mardi soir le budget de l’Enseignement supérieur en séance publique. Huguette Bello a attiré l’attention de la Ministre, Geneviève Fioraso, sur la nécessaire révision de la carte des BTS et des IUT en sorte de réduire les taux d’échecs des étudiants titulaires d’un baccalauréat technologique et professionnel.
Ecrit par zinfos974 – le mercredi 5 novembre 2014 à 14H40

Huguette Bello à la Ministre:

En août dernier, le Secrétariat d'Etat à l'Enseignement supérieur et à la recherche a publié, pour la deuxième année consécutive, les taux de réussite par université.

Cette évaluation montre que l’échec reste massif en première année. Elle confirme que les écarts persistent selon les baccalauréats et que les bacheliers technologiques et professionnels enregistrent les taux de réussite les plus faibles.

À la Réunion, en dépit des aides à la réussite proposées par l’Université, les résultats globaux demeurent en-deçà des taux nationaux : toutes filières confondues, le taux de réussite des étudiants en L1 ne dépasse guère les 20%.

Ce pourcentage est dû en partie aux caractéristiques de cette jeune université qui accueille un nombre très important d’étudiants boursiers.

Mais il s’explique surtout par l’inadéquation entre l’offre de formation et les publics étudiants. Trop souvent, le choix d’une formation se fait par défaut et le phénomène s’est aggravé durant ces dernières années.

Faute de places dans les Sections de techniciens prioritaires et les Instituts universitaires de technologie, les bacheliers technologiques et professionnels s’inscrivent à l’Université où leur taux de réussite en L1 est dramatiquement faible : 7% pour les premiers et 1% pour les seconds. Oui, mes chers collègues, sur 100 jeunes 1seul passe en 2ème année.

L’Université de la Réunion est sans doute le seul établissement à accueillir autant d’étudiants titulaires d’un baccalauréat général que de bacheliers technologiques et professionnels. C’est l’Université qui, en France, accueille le plus de bacheliers professionnels.

La loi de 2013 relative à l’enseignement supérieur a prévu des quotas pour que les STS et les IUT retrouvent leur vocation initiale et ne soient plus destinés quasi-exclusivement aux bacheliers généraux.

Nous avons approuvé l’adoption de cette disposition mais, outre les questions soulevées par l’excellent rapport de notre collègue Sandrine Doucet, son application à la Réunion se heurte aux capacités d’accueil limitées des sections existantes mais aussi au nombre insuffisant de filières professionnelles et technologiques.

Pour qu’à la Réunion aussi la démocratisation de l’enseignement supérieur s’accompagne de la réussite du plus grand nombre, il est devenu urgent de développer l’IUT de la Réunion qui ne propose que cinq qualifications diplômantes et d’augmenter l’offre de formations et de places de BTS.

Les jeunes Réunionnais peuvent-ils compter sur votre soutien, Madame la Ministre ?

Réponse de la Ministre, Geneviève Fioraso, secrétaire d’État.

Je vous remercie de votre question, madame la députée, car bien que la situation soit plus difficile à la Réunion ou en Guyane que dans d’autres territoires, votre question aborde le vrai sujet auquel est confronté notre enseignement supérieur.

Si nous considérons l’ensemble des bacheliers, les bacheliers professionnels sont en constante augmentation, les bacheliers technologiques en diminution, et les bacheliers généraux restent stables. Nous avons aujourd’hui 30 % de bacheliers professionnels qui trouvaient autrefois, avant que nous ne perdions plus d’un million d’emplois industriels, un emploi avec leur bac professionnel. Ce n’est plus le cas aujourd’hui : un bachelier professionnel sur deux poursuit des études.

Néanmoins, les bacheliers professionnels sont trop souvent exclus des filières sélectives. C’est pourquoi j’ai introduit pour la première fois, il y a deux ans, une priorité à l’accueil des bacheliers professionnels dans les STS, qui mènent aux brevets de technicien supérieur, et des bacheliers technologiques dans les IUT.

Cela a eu un impact : 11 % de bacheliers professionnels de plus qu’en 2012-2013 sont aujourd’hui accueillis en BTS, et 6 % de bacheliers technologiques de plus le sont en IUT.

Cela suffit-il à résoudre le problème ? Sûrement pas. Le flux de bacheliers professionnels est en effet supérieur à l’offre mise à leur disposition. Et lorsqu’ils vont à l’université par défaut, ils se retrouvent en échec – et c’est un échec social, un échec économique, mais surtout un échec moral pour la nation, puisque ces jeunes sont souvent issus des milieux les plus défavorisés.

C’est pourquoi nous avons engagé, en plus de l’orientation dans les filières où ils réussissent le mieux – à plus de 60 % pour l’obtention d’un BTS ou d’un DUT –, une réflexion qui vise à rendre plus lisible une filière professionnelle – depuis les années lycée jusqu’au doctorat – reconnue à sa juste valeur. Aujourd’hui, elle progresse plus en zigzag qu’avec une véritable cohérence et une véritable visibilité.

Certes, il y a 60 % de jeunes au chômage à la Réunion, 50 % en Guyane. Le problème est donc plus aigu qu’ailleurs, et nous avons bien conscience qu’il faut multiplier les places dans les IUT et en BTS. C’est une action à laquelle nous nous attelons, car c’est l’un des obstacles majeurs à la réussite des jeunes issus des milieux les plus modestes lorsqu’il s’agit d’obtenir une qualification supérieure, qui leur donne pourtant cinq fois plus de chances d’avoir un emploi que les autres.

C’est donc un problème que nous prenons à bras-le-corps, dont nous avons pleinement conscience, et qui doit tous nous mobiliser. (…)

Je me permets par ailleurs de dire à Mme Huguette Bello, en complément de la réponse que je lui ai apportée, que nous avons attribué 50 postes supplémentaires aux établissements de la Réunion dans le cadre du budget – et je m’en félicite, car la situation y est vraiment difficile.

 

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