La récupération politique autour de Samuel Mouen est pitoyable...

Samuel Mouen le sait, il n'est pas aimé de beaucoup de Réunionnais. Il le regrette souvent d'ailleurs. Ses causes sont souvent justes, mais il a le handicap d'être né Africain, et d'avoir l'accent qui va avec, un accent à couper au couteau et qui lui vaut la risée de nombre de locaux. Il suffit d'écouter certaines radios pour s'en rendre compte.
Pour exister médiatiquement, et par voie de conséquence financièrement, Samuel Mouen a fait de l'agitation son métier. Il passe son temps à sauter sur tout ce qui peut faire parler de lui, à monter dans la foulée une ou deux associations, et à organiser illico une "grande" manifestation devant la Préfecture.
En fait de "grande", il ne sont à chaque fois qu'une poignée de participants. La dernière fois, près d'une quinzaine d'associations soutenaient la manifestation, mais ils n'étaient que 5 ou 6 personnes présentes sur le Barachois...
Samuel Mouen chasse sur les mêmes terres que Jean-Hugues Ratenon. Tout les oppose pourtant. Leurs origines, mais aussi et surtout leurs caractères. Là où on sent chez Jean-Hugues Ratenon une certaine forme de timidité qu'il a due forcer pour être là où il est aujourd'hui, Samuel Mouen affiche avec plaisir son caractère extraverti. Il saute sur la moindre caméra qui passe et prend un plaisir non dissimulé à se donner en spectacle.
Les deux hommes se différencient également par leurs appartenances politiques : Là où Jean-Hugues Ratenon n'a jamais caché ses amitiés communistes, et y est toujours resté fidèle, Samuel Mouen a des convictions plus volatiles, à géométrie variable. Une sorte de mercenaire du social, qui s'est rapproché successivement de la plupart des hommes politiques locaux, quand ce n'était pas avec plusieurs en même temps... Que voulez-vous, il faut bien vivre !
Ces échecs répétés ne signifient pas pour autant que les thèmes soulevés par Samuel Mouen ne soient pas légitimes. Le dernier en date, le combat contre la suppression du RSTA, en est l'exemple type.
Samuel Mouen, je l'ai dit, n'est pas aimé des Réunionnais. Et il l'est encore moins des hommes politiques, qui voient en lui une girouette couplée à une éolienne qui brasse beaucoup d'air mais n'est guère dangereux. D'autant qu'ils l'ont souvent financé, directement ou indirectement, ce qui ne l'a pas empêché ensuite de les trahir pour courir en direction d'un autre plus généreux.
C'est pourquoi je trouve particulièrement choquante la récupération politique dont fait l'objet la grève de la faim organisée par Samuel Mouen depuis 6 jours. Successivement, on a vu Ibrahim Dindar venir lui apporter son soutien. Certes discrètement, mais malgré tout en présence des caméras. Une caméra, ça arrive rarement par hasard. Si elle était là, c'est bien qu'on l'avait prévenue.
Il y a ensuite eu la manifestation vendredi de Gino Ponimballom qui a bloqué la rue de Paris à la tête d'un défilé d'une trentaine de personnes pour aller spectaculairement apporter son soutien au gréviste de la faim.
Et comble de la récup', c'est Nassimah Dindar qui appelle ce matin à un grand rassemblement devant la préfecture !
Quand il était encore possible de faire reculer le gouvernement, avant l'entrée en vigueur de la suppression, Jean-Hugues Ratenon était le seul à hurler dans le désert. Il n'a eu le soutien d'aucun homme politique, à part ceux dont il est proche... Et aujourd'hui qu'il est trop tard, que le RSTA est mort et enterré, voila qu'ils se réveillent.
Je l'ai déjà dit, c'est pitoyable.
On voit que les élections municipales sont dans 8 mois...
P.S. : "Grève de la faim"... A chaque fois que j'entends cette expression, je ne peux m'empêcher de repenser à celle organisée à l'occasion du conflit de l'Arast, une liquidation qui avait envoyé plus de 1.000 personnes pointer au Pôle emploi. Nassimah n'avait pas exprimé son soutien à l'époque. Et pour cause...


