Vote crucial à Maurice sur fond de scandale des écoutes téléphoniques

L’annonce des négociations sur la rétrocession des Chagos va-t-elle conforter le premier ministre Pravind Jugnauth, qui remet son poste en jeu ce dimanche 10 novembre ?
Un mois après la dissolution de l’assemblée nationale qu’il appelait de ses voeux, le leader de l’Alliance Lepep fait face à un énorme scandale politique et sociétal qui sape sa légitimité.
Depuis plusieurs semaines, les fuites d’écoutes téléphoniques concernant des personnalités de l’île, dont la plus haute diplomate britannique en poste, ont accentué l’incertitude sur ce scrutin annoncé très incertain.
Lire aussi :
Qui espionne les négociations pour la rétrocession des Chagos ?
L’opposition, qui s’est rassemblée au sein de l’Alliance du changement de l’ancien premier ministre Navin Rangoolam pour tenter de remporter ces élections législatives, a placé le pouvoir d’achat au centre du débat politique, contraignant la majorité à répondre sur cette thématique en s’engageant notamment sur un 14e mois pour les salariés mauriciens.
Dans une campagne marquée par les attaques personnelles, encore accentuées par les soupçons d’ingérences dans les affaires de l’État de l’épouse du premier ministre révélées par le scandale « Missie Moustass », Pravind Jugnauth a publiquement accusé son adversaire de détenir un compte en banque à Singapour, allant jusqu’à fournir son numéro bancaire.
Résultats du scrutin lundi
Vendredi soir, l’ancien patron de Mauritius Telecom Sherry Singh aurait été giflé lors d’un meeting de l’Alliance pour le changement. Accusé par les proches du gouvernement d’être à l’origine de fuites d’enregistrements audio qui livrent les contours d’un vaste système de corruption, Sherry Singh a été arrêté le 1er novembre puis libéré sur parole.
Il a rétorqué le 9 novembre dans les colonnes de l’Express de Maurice en soulignant l’évidence, c’est-à-dire qu’un tel système d’écoute de conversations sur messageries privées ne peut être organisé qu’à l’échelle d’un État, ou d'un gouvernement.
Avec 70 députés (dont 8 désignés), le Parlement mauricien demeure ingouvernable sans une majorité solide. Les deux candidats à la gestion des affaires du pays, tous deux fils d’anciens premiers ministres, devront attendre demain pour connaître la proclamation du verdict officiel de la population mauricienne.


