Un Panonnais de 88 ans condamné pour atteintes sexuelles sur son arrière-petite-fille

Pas en état de comparaître devant le tribunal en raison de problèmes de santé, un Panonnais de 88 ans a été reconnu coupable d’atteintes sexuelles sur son arrière-petite-fille alors âgée de 8 ans. Il écope d’une peine de sursis simple.
« C’est un dossier qui cumule toutes les difficultés possibles et illustre le nombre impressionnant de faits incestueux que nous avons à traiter », annonce d’emblée la procureure. En cause, la procédure visant un octogénaire de Bras-Panon, poursuivi vendredi 28 août devant le tribunal correctionnel de Saint-Denis pour agression sexuelle sur mineur par ascendant.
Les faits remontent à 2018, mais ne seront dénoncés qu’en 2022 par une jeune adolescente en grande souffrance : mal-être, idées noires, scarifications… Elle finit par confier à l’assistante sociale du collège avoir subi, alors qu’elle était âgée de huit ans, des atteintes sexuelles de la part de son… arrière-grand-père.
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Sept AVC, troubles de la mémoire et maladie grave
Un jour qu’elle lui rendait visite avec sa famille, le retraité, 80 ans alors, aurait profité d’un instant seul avec elle pour la peloter et l’embrasser « avec la langue » précise l’accusation. Quand la mère de la collégienne découvre ces révélations, « elle a du mal à y croire », mais accompagne néanmoins sa fille pour déposer plainte. « C'est une jeune fille qui a perdu le sourire, s'est renfermée et a vu sa scolarité perturbée par ces faits », rappelle Me Juliana Duque Azuero pour la partie civile.
Il va pourtant s’écouler un an avant que le mis en cause ne soit entendu. Ayant partiellement reconnu les faits en garde à vue, le Panonnais attendra encore trois ans avant d’être jugé. Désormais âgé de 88 ans, l’homme a entretemps subi sept AVC, présente des pertes de mémoire et est suivi pour un cancer… Il n’est évidemment pas en état d’être présent à l’audience.
Le parquet rappelle toutefois que le vieil homme avait déjà fait l’objet en 1999 d’une condamnation à trois ans de prison dont un avec sursis pour des faits d’agressions sexuelles sur ses petits-enfants, qui lui avaient valu de passer presque deux ans en détention.
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"Compliqué de trouver une sanction adaptée"
« Aujourd’hui, face à ces faits anciens, l’âge avancé et l’état de santé de la victime, il est compliqué de trouver une sanction adaptée », reconnaît la procureure, jugeant « difficile la mise en place d’un suivi judiciaire ou d’une obligation de soins », et, a fortiori, d’une peine d’emprisonnement ferme… Douze mois de prison avec sursis simple sont requis.
« Il a reconnu les faits de façon spontanée, un baiser notamment. Mais on peut se poser la question de l’intentionnalité de l’acte, alors qu’il était déjà très âgé et connaissait des troubles de la mémoire », relève Me Samia Sadar en défense.
Après en avoir délibéré, le tribunal suivra les réquisitions du parquet. Le vieil homme est par ailleurs déclaré inéligible pour cinq ans, est inscrit au fichier des délinquants sexuels et devra indemniser la victime.


