Un ancien restaurateur saint-paulois à nouveau jugé pour attouchements sur mineure

Déjà condamné en 2024 à du sursis pour des attouchements commis sur une fillette de 9 ans, un ancien restaurateur de Saint-Paul a de nouveau comparu pour des faits de même nature, qui auraient été commis cinq ans plus tôt sur une autre petite fille de son entourage.
"Je n’ai jamais touché ou violenté cette jeune fille." Impassible à la barre, quoique gêné aux entournures, Joël M., 63 ans, se retrouve dans une position qu’il ne connaît que trop bien. Déjà jugé et condamné en 2024 à du sursis pour agression sexuelle sur une fillette de neuf ans, celui qui a récemment pris sa retraite après avoir géré durant des années "un domaine de cinq hectares et un restaurant" dans les hauts de Saint-Paul, comparait une nouvelle fois, mardi 25 août, devant le tribunal correctionnel pour des faits similaires.
"Tu sais que je t'aime"
La plaignante avait huit ans au moment des faits présumés, en 2018. Alors que ses parents fréquentent le domaine car sa mère y est employée, elle joue régulièrement avec la fille du maître des lieux. Un jour qu’il aurait accompagné les enfants ramasser des œufs au poulailler, il aurait attrapé la jeune Alice* par les épaules en lui murmurant un "Tu sais que je t’aime" à l’oreille, avant de glisser sa main dans le pantalon de la fillette. La scène se serait reproduite à deux reprises, une fois dans les toilettes du restaurant, et une autre fois dans les mêmes circonstances au poulailler.
A chaque fois, la fillette fond en larmes au retour à la maison, et finit par faire ces révélations à son père. Mais, dans un premier temps, sa mère ne veut pas y croire, d’autant que celle-ci redoute de perdre son travail au domaine.
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"Cela a tué sa joie de vivre"
Les années vont passer, et c’est en apprenant qu’une autre fillette aurait pu être victime d’agissements similaires de la part du même homme qu’Alice, désormais âgée de 15 ans, se décide à déposer plainte contre celui qu’elle considérait comme "un tonton".
"À l’époque des faits, elle ne voulait pas saisir la justice, sa mère non plus, et on a attendu de voir comment elle surmontait cela. Mais on a vu au fil du temps que cela avait tué sa joie de vivre", explique le père d’Alice, qui se constitue partie civile pour sa fille en souhaitant "qu’il reconnaisse ce qu’il a fait." Et sans pour autant réclamer de dommages et intérêts.
Placé en garde à vue en juin dernier, le Saint-Paulois de 63 ans nie intégralement les faits, assurant "ne jamais aller au poulailler avec les enfants." L’analyse de son téléphone et de son ordinateur ne révèle aucune consommation de pédopornographie, et son examen psychiatrique ne laisse pas présager de troubles paraphiliques.
"C’est des gens pour qui j’avais de l’affection, mais je n’ai pas fait ce qu’on me reproche", se défend laconiquement le sexagénaire. Interrogé sur sa précédente condamnation, le prévenu évoque "une soi-disant agression sexuelle." "Vous n'avez pas fait appel, Monsieur, c'est gravé dans le marbre désormais", observe le président.
Relaxe plaidée "au bénéfice du doute"
"La parole de cette jeune fille est crédible : son père corrobore ses révélations, ses déclarations sont circonstanciées et l’examen médical confirme un stress post-traumatique. Ces gens n’en rajoutent pas et ne demandent même pas un centime de dédommagement", souligne la procureure, partageant son "inquiétude" de voir cet homme mis en cause à deux reprises pour les mêmes faits. Huit mois de prison avec sursis probatoire sont requis, ainsi qu’une interdiction d’activité impliquant des mineurs pour une durée de cinq ans.
Plaidant la relaxe "au bénéfice du doute", Me Marie Briot estime en revanche que la plainte de la jeune fille "a pu être influencée par le récit de la précédente affaire dans les médias, car les faits décrits se ressemblent beaucoup." Quant aux pleurs de la fillette à l’époque, "c’était lié au contexte de séparation de ses parents." Et d'indiquer au tribunal que, s’agissant de faits présumés antérieurs à ceux de la première condamnation, la récidive ne saurait être retenue dans cette affaire.
Déjà inscrit au fichier des auteurs d’infractions à caractère sexuel, le Saint-Paulois a vu le tribunal mettre sa décision en délibéré au 18 septembre.


