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Un sexagénaire jugé pour agression sexuelle sur mineure

Un homme de 60 ans comparaissait ce mardi 20 février devant le tribunal correctionnel pour des faits d'agression sexuelle sur une fillette de 9 ans. Les faits se sont déroulés à Saint-Paul le 7 mai 2023 lors d'une soirée organisée sur la propriété du prévenu.

Ecrit par Régis Labrousse – le jeudi 22 février 2024 à 11H15

Joël M., 60 ans, est suspecté d’avoir agressé sexuellement une fillette de 9 ans lors d’une soirée organisée sur sa propriété. La petite fille était accompagnée de sa mère, venue passer la soirée avec des amis. Étant convenu avec le propriétaire qu’elles pourraient rester dormir sur place, la mère lui demande vers 22 heures de bien vouloir accompagner la petite à la chambre pour déposer ses affaires. Il accepte volontiers et, alors que la petite se tient devant le bassin de carpes Koï disposé face à la chambre, se met derrière elle pour lui faire un câlin. Selon la petite, il aurait ensuite glissé une main dans son legging jusqu’à sa culotte sur son sexe. La petite fille part aussitôt en courant jusqu’à sa mère pour lui raconter ce qu’elle vient de subir en lui disant qu’elle ne veut plus « dormir ici ». La maman attendra que les invités soient partis pour avoir une explication avec son hôte.

« Je l’ai prise dans mes bras, il n’y avait rien de sexuel ni rien du tout »

Une plainte est déposée par les parents. Lors de son audition, la petite répète aux enquêteurs ce qu’elle a subi sans en rajouter : « Il a toujours été très gentil avec moi. Je ne comprends pas pourquoi il a fait ça« , explique-t-elle. Une perquisition est ordonnée sur la propriété et sera suivie d’une garde à vue lors de laquelle le mis en cause fait des déclarations spontanées dans lesquelles il reconnait les faits. Ce mardi, son positionnement est tout autre : « Elle est venue avec moi poser ses affaires. Je l’ai prise dans mes bras, il n’y avait rien de sexuel ni rien du tout« , se défend le prévenu qui ne reconnait plus les faits. Le président lui rappelle ses propos lors des auditions de garde à vue : « J’ai glissé une main dans son pantalon – le legging – jusqu’à sa culotte et je l’ai retirée aussitôt, je ne voulais pas faire de connerie« . À la barre, face à l’instance du président, le prévenu reste vent debout et se défend : « Ils m’ont fait signer un papier et on n’arrêtait pas de vouloir me faire dire des choses que je n’ai pas faites« , martèle-t-il.

Malgré cela, le président lui rappelle encore les déclarations qu’il a faites à l’expert-psychiatre : « Maladroitement, mes phalanges ont glissé dans le pantalon. C’était un geste totalement maladroit et involontaire« , confessait-il à l’expert. « Les gendarmes ont mal compris et l’expert a tout inventé, c’est ça ?« , insiste le président. « Ma main était sur sa hanche, ça n’a duré qu’une seconde et je l’ai immédiatement retirée. Je n’avais pas l’intention de la toucher« , insiste le prévenu. « Tout est faux, cela veut donc dire qu’ils ont écrit n’importe quoi dans les PV. C’est cela que vous dites ?« , tance Me Navarro pour les parties civiles. « Il y a beaucoup d’interprétations », répond-il. Appelé à la barre, le père de la fillette s’énerve : « Ce sale type n’est pas capable de reconnaître alors qu’il l’avait fait devant la police. Il est connu sur l’île, il a essayé de faire étouffer l’affaire. Aujourd’hui, elle n’est pas bien dans son développement personnel, elle parle de suicide à l’école« , fustige le père.

« Comment une gamine de 9 ans pourrait inventer ce genre de détails »

« ‘Pourquoi, pourquoi il m’a fait ça ?’ Ce sont les derniers mots de cette petite fille qui a eu le courage immense d’en parler à sa maman lors de son audition. Le problème, ce sont les autres. Aujourd’hui, on nous parle de mensonges, d’amalgame, de complot. ‘Il a mis sa main dans ma culotte pour me toucher’. Comment une gamine de 9 ans pourrait inventer ce genre de détails !« , plaide Me Navarro.

« Aujourd’hui, je ne comprends pas ce revirement de situation« , s’étonne le parquet. « Quand je vois ce dossier d’une petite de 9 ans, seule face à un adulte, je me dis que ça part mal. Mais après lecture, je me suis dit : ‘Enfin quelqu’un qui a de l’argent, qui se dit ouvertement franc-maçon, puissant, qui reconnaît une infraction pénale et qui est prêt à assumer’. Ce revirement, monsieur, je ne le comprends pas« , conclut la magistrate qui requiert un an de prison avec sursis simple, 5 ans d’interdiction d’exercer une activité avec des enfants et 5 ans d’inéligibilité.

Pour la défense, Me Briot avait, en début d’audience, déposé des exceptions de nullité concernant les procédures de perquisition et de garde à vue. Le tribunal statuera au fond lors de son délibéré. « Cette procédure n’est pas fiable« , indique la défense. « Il y a une volonté de nuire. La première audition a duré quatre heures et il n’y a que quatre pages. Qu’est-ce qu’ils se sont dits ? Il y a beaucoup de choses dites et des pressions bien sûr, mais une est certaine, il y a des choses qui ont été remaniées. Les enquêteurs se sentent investis d’une mission d’obtenir des aveux. Il n’y a aucun élément probant dans ce dossier. C’est une petite fille qui a tendance à mentir pour attirer l’attention selon sa maîtresse. Ce dossier suscite un doute et le doute doit toujours profiter à l’accusé. Je vous demande une relaxe au bénéfice du doute« , plaide la défense.

Le jugement du tribunal sera rendu le 15 mars prochain.

Thèmes : Justice
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