Revenir à la rubrique : Economie

Un bilan économique 2024 terne et un premier trimestre 2025 qui s'annonce déjà préoccupant

Ecrit par C.M. – le jeudi 1 mai 2025 à 11H28

L’IEDOM a livré son traditionnel bilan économique de l’année écoulée. L'année 2024 s’impose comme une année de transition, rythmée par une inflation en recul, mais aussi par un climat des affaires dégradé. Les perspectives de 2025 sont quant à elles inquiétantes.

Garance a durement frappé l’économie locale. Le coût estimé pour les assurances dépasse les 379 millions d’euros et la catastrophe naturelle s’ajoute à deux autres sources d’inquiétude : la situation budgétaire française marquée par un vote tardif de la loi de finances ainsi que le retour de Donald Trump à la Maison Blanche. Un retour aux affaires synonyme de remise en cause des règles du commerce international.

Ainsi, la moitié des chefs d’entreprise à La Réunion interrogés par l’IEDOM déclarent que leur activité a été affectée par le cyclone Garance, et un quart affirme que l'impact a été plus fort que Belal en 2024. 

Si la baisse des taux d’intérêt et une inflation globalement maîtrisée offrent une lueur d’espoir, les perspectives restent moroses. L’investissement tarde à repartir, le marché du travail reste fragile et la croissance prévue pour 2025 s’annonce encore faible. Le secteur des services est désormais affecté à son tour, confirmant un climat économique toujours tendu.

Un climat des affaires au plus bas depuis 2013

C’est le chiffre qui résume le mieux le malaise ressenti par les entreprises : l’indicateur du climat des affaires (ICA), mesuré à 95 en moyenne sur l’année 2024. Il chute de 10 points par rapport à 2023. Hors période Covid, c’est son niveau le plus bas depuis plus d’une décennie. “La croissance dans le secteur marchand a ralenti tout au long de l’année, décourageant l’investissement et tendant la trésorerie des entreprises”, détaille Philippe La Cognata, directeur de l’IEDOM.

Garance et Belal plombent l’économie locale

Une première lueur d’espoir tout de même : la hausse des prix a été contenue. L’inflation est descendue à +1,3% en décembre 2024 en glissement annuel. En moyenne, elle s’est établie à 2,8%, dopée temporairement par le passage du cyclone Belal en début d’année. Une amélioration qui a permis une baisse provisoire des taux d’intérêt, une autre bonne nouvelle pour les ménages et les entreprises.

Mais cette accalmie sur les prix ne s’est pas traduite par un regain de consommation. Les immatriculations de véhicules neufs chutent de 10,1% et les importations de biens d’équipement de 6,9%. “Les TPE et PME ont vu leur activité reculer de 1,2% après une hausse de 1,7% en 2023”, précise Nicolas Gobalraja, responsable du service des études de l’IEDOM. Le nombre de crédits à la consommation et de crédits à l’habitat ont baissé toute l’année 2024. La bonne note est à signaler à la fin de l’année où les taux d'intérêt sont repartis à la baisse.

Autre point noir : la vulnérabilité croissante des ménages. Le nombre de dossiers de surendettement a bondi de 30%, passant de 1.300 en 2023 à 1.700 en 2024. Sur le front de l’emploi, la dynamique se tasse. Deux fois moins d’emplois ont été créés par rapport à 2023, soit environ 2.400 postes, dont plus de la moitié dans le secteur public. Un déséquilibre attribué en partie aux élections municipales qui approchent.

Lire aussi : L'inquiétante hausse des dossiers de surendettement à La Réunion

Etiquettes : Economie | IEDOM

Dans la même rubrique

0💬
Tri :