Un barman de La Villa condamné pour agression sexuelle sur trois employées

"C'est mon problème, je suis tactile", avance Stéphane M., 37 ans, à l'attention des magistrats du tribunal correctionnel de Saint-Denis ce mardi. Manager au sein de la discothèque La Villa, il est poursuivi pour plusieurs agressions sexuelles commises en 2022 sur son lieu de travail. Le trentenaire s'en défend, expliquant avoir été "allumé" par la principale plaignante et avoir voulu "la rabaisser". Selon lui, la jeune serveuse de 19 ans voulait avoir une relation sexuelle avec lui et multipliait les provocations pour le faire craquer. C'est ainsi, que le 22 juillet 2022, alors qu'elle venait de prendre une douche avant son service dans le vestiaire, la plaignante enveloppée dans une serviette de bain aurait subi des caresses ainsi que plusieurs mains aux fesses dans le passé.
Entendues, certaines de ses collègues ont également décrit un manager "aux mains baladeuses", habitué derrière le bar de La Villa à frotter son sexe contre le derrière de celles qui avaient eu le malheur de se baisser, voire leur donner un coup de rein tout ajoutant "attention, c'est vite arrivé".
Mais pour le prévenu, la faute à l'espace bar très exigu qui imposerait des frottements entre les employés. Ou encore "une rigolade" entre collègues. "Il minimise l'ascendant qu'il avait sur ses employées dont certaines ont subi des caresses appuyées sur la poitrine accompagnées de commentaires graveleux", fustige le représentant de la société avant de requérir 2 ans de prison, dont 1 assorti d'un sursis probatoire.
Au fil de l'audience, l'intéressé finit, bon gré mal gré, par reconnaître un comportement inadapté avec la principale victime. Après un passage au Five à St-Pierre, le trentenaire a désormais quitté le milieu des boîtes de nuit "un lieu qui lève les inhibitions et prête à confusion" selon son avocat. Il est condamné à 10 mois d'emprisonnement entièrement assorti d'un sursis probatoire. Son nom est inscrit au fichier des auteurs d'infractions sexuelles.


