Saint-Paul : les opposants à la Zac Renaissance III se font entendre à la mairie

Après avoir fait entendre leurs revendications depuis le chantier, formés une chaîne humaine, lancés une pétition, qui dépasse les 20.000 signatures, les membres du collectif “Protege nout savane” ont décidé de mener le combat directement sous les fenêtres des élus saint-paulois. Aux alentours de 9h, ils étaient une soixantaine à s'être réunis, banderoles, tambours et pancartes déjà sortis. Après un défilé dans une ambiance bonne enfant sur le front de mer et les rues du centre-ville, les manifestants se sont installés sur le parvis de l'hôtel de ville.

Pour le meilleur et pour la Zac
Rapidement, ils se sont engouffrés dans le bâtiment, et se sont dirigés tout droit vers la salle du conseil municipal. Un peu dépassé, le directeur général des services, Jean-François Apaya, tente de négocier avec les opposants à la Zac Renaissance III. Ces derniers veulent une réunion ouverte, ou, à défaut, filmée. Pas question du côté de la commune, qui maintient son invitation pour recevoir une délégation en mairie. Après moult discussions, les manifestants parviennent à désigner une dizaine de représentants. “Nous avons un mariage dans pas longtemps, s'il vous plait laisser la salle pour la cérémonie”, supplie Jean-François Apaya, les yeux rivés sur sa montre.
Lire aussi : Saint-Paul : Un conseil municipal tendu autour du financement de la Zac Renaissance III
Face à eux, Marie-Bernadette Mouniama-Cuvelier, élue en charge de Plateau Caillou, le deuxième adjoint, Sébastien Guyon, Irchad Omarjee, en charge de l'aménagement, Marie-Suzelle Buchle, en charge du logement, et Jean-François Apaya, vont échanger avec les opposants durant une quarantaine de minutes. Une rencontre étant déjà programmée le 6 novembre prochain avec le maire, elle devait fixer le cadre des futures discussions.
Actuellement hors-département, l'édile avait adressé un courrier aux opposants à l'annonce de leur action. “On est obligé de se réunir, de manifester et de faire du bruit pour être reçu, se désole Elie Payet, membre du collectif, on fait face à une grosse machine de communication autour de ce chantier et nous avons du mal à lutter contre ça. Les comptes rendus des réunions avec la Sedre ne reflétaient pas les échanges que nous avions et c'est difficile de faire entendre nos arguments. Nous n'opposons pas environnement et logement, on veut juste défendre une zone naturelle qui représente un espace important pour La Réunion. Des récentes études ont montré que la savane de Plateau Caillou était encore plus riche en biodiversité que celle du cap La Houssaye”.

Pas de moratoire sur les travaux pour l'instant
Si la majorité municipale est toujours restée droite dans ses bottes sur ce dossier, c'était jusqu'à maintenant la Sedre qui avait eu à gérer le collectif. Désormais, c'est directement avec les élus que les opposants souhaitent traiter. “Nous avons eu un moment d'échange, qui de l'aveu même de la délégation n'avait pas vocation à traiter le fond du dossier. Nous avons toujours une volonté de dialogue et le maire pourra échanger directement avec eux prochainement”, tente de rassurer Stéphane Guyon à la sortie de la réunion. D'une voix blanche, l'élu esquivera habilement les questions de la presse. “Les revendications du collectif sont connues, et la question du moratoire sur les travaux fait partie des demandes qui ont été rappelées, et la rencontre avec le maire participera à ces discussions. Pour l'instant, la demande est à l'étude”, poursuit le deuxième adjoint.
Pour le collectif, la réunion a permis au moins de prévenir le maire qu'il sera attendu de pied ferme, et si possible dans une salle plus grande avec des échanges enregistrés. Elie Payet le rappelle d'ailleurs, “tout sera fait au maximum de manière transparente. Nous sommes tous concernés”.
Finalement, la manifestation s'est dispersée dans le calme, mais pas sans avoir célébrée les jeunes mariés, qui ont pu se dire oui à l'heure prévue.


