"J'avais l'impression d'entrer dans un hôtel cinq étoiles" : comment le nouveau gîte du Piton de la Fournaise surprend encore les randonneurs

Près de deux ans après sa réouverture, le gîte du Piton de la Fournaise affiche un bilan positif. Si son confort continue de surprendre certains habitués de la montagne, l'établissement semble avoir trouvé son public, tout en composant avec les contraintes d'un site isolé au cœur du Parc national de La Réunion.
Après plusieurs jours de marche sur le GR R2, Guillaume, venu de Toulouse (Haute-Garonne), ne cache pas sa surprise en poussant la porte du gîte du Piton de la Fournaise. Perché à 2.230 mètres d'altitude, l'établissement tranche avec l'image que certains randonneurs se font encore d'un gîte de montagne. "J'avais l'impression d'entrer dans un hôtel cinq étoiles", lance-t-il.
Son homonyme, Guillaume, arrivé de Cahors (Lot), partage ce sentiment. "Il y a ce contraste un peu déstabilisant quand on arrive de randonnée et que l'on croise, au restaurant, les gens bien habillés et tout frais venus manger et apprécier le cadre le midi."
Un été austral déjà complet
La fréquentation semble au rendez-vous. "Le bilan est positif", se réjouit Myris Picard, co-gérante du gîte. En pleine haute saison, marquée par les vacances scolaires à La Réunion comme dans l'Hexagone, l'établissement affiche complet jusqu'au 18 août.
En basse saison également, les week-ends et jours fériés attirent de nombreux visiteurs.
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Le soir, la salle de restauration est réservée aux personnes hébergées, tandis que le restaurant panoramique et le bar restent accessibles au public le midi. Burgers, grillades et cuisine créole préparée par les chefs de l'établissement figurent à la carte. L'affluence reste toutefois très dépendante des conditions météorologiques. Ces derniers jours, les pluies ont entraîné une légère baisse de fréquentation, observe Myris Picard. Les clients désertent alors la terrasse qui offre une vue sur la Rivière de l'Est pour s'installer au chaud dans la salle de restaurant.
Pour rejoindre le volcan, les automobilistes doivent d'ailleurs composer avec une piste fortement dégradée par les intempéries. Les nids-de-poule se succèdent sur les derniers kilomètres comme si une pluie de météorites avait frappé la chaussée. Les amortisseurs sont mis à rude épreuve.
Un gîte plus confortable
Après trois années de travaux et la démolition de l'ancien bâtiment, le nouveau gîte se distingue par son architecture inspirée des coulées de lave et sa façade couleur scorie. La structure est exploitée par la famille Picard depuis quasiment son édification il y a plus d'une quarantaine d'années. Elle emploie aujourd'hui 20 salariés répartis en deux équipes de dix personnes. Une partie dort sur place pendant quinze jours tandis que l'autre effectue les trajets en covoiturage avec un véhicule mis à disposition par l'entreprise.
Les 57 lits en dortoir de l'ancien gîte ont laissé place à 101 couchages répartis entre dortoirs, chambres doubles, triples ou quadruples, certaines équipées de sanitaires privatifs.
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Cette montée en gamme a aussi permis d'élargir la clientèle, ajoute la co-gérante. Elle mêle désormais randonneurs, familles venues déjeuner, touristes de passage et Réunionnais venus découvrir le nouveau gîte. "Il y a des randonneurs aguerris, des habitués pour qui l'ancien gîte leur convenait, mais le confort et l'intimité qu'offre le nouveau ont su aussi les convaincre", se réjouit Myris Picard.
Les avis laissés sur Internet confortent son sentiment. Les différents salons invitent à la détente tandis que les nombreuses ouvertures mettent en valeur le paysage qui entoure le bâtiment. "Même les dortoirs ont été pensés pour que chacun ait son intimité", souligne la co-gérante.
Marie, venue de La Rivière-Saint-Louis et qui connaissait déjà l'ancien gîte, estime que "la structure s'intègre bien au paysage".
Manuel, de La Possession, apprécie autant l'hébergement que la restauration. "Être au cœur du Parc permet de se lever tôt pour accéder au volcan. Et pour le côté environnement, si les gens respectent les consignes, je ne vois pas le problème."

Le confort, mais avec les contraintes de la montagne
Malgré son aspect moderne, le gîte reste confronté aux réalités d'un site isolé. "C'est une des premières choses que nous rappelons aux clients : nous sommes dans un gîte et à plus de 2.200 mètres d'altitude, il faut donc s'adapter au site", rappelle Myris Picard.
Les douches sont ainsi équipées de boutons-poussoirs afin de limiter la consommation d'eau. Les déchets sont triés puis redescendus jusqu'à Bourg-Murat par les équipes.
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Autonome en eau et en électricité, le gîte fonctionne grâce à un captage, à la récupération des eaux de pluie et à un système de potabilisation. "Un contrôle régulier est assuré par l'ARS", précise la co-gérante.
Mais la sécheresse, arrivée plus tôt qu'à l'habitude cette année, a obligé l'établissement à faire monter à plusieurs reprises un camion-citerne. "Fin avril-début mai, nous avons commencé à faire monter un camion-citerne pour un montant de 4.000 euros."
L'électricité est principalement produite grâce aux panneaux solaires. En cas de manque d'ensoleillement, un groupe électrogène prend le relais. Le chauffage au sol repose également sur l'énergie solaire, complétée par une chaudière à granulés.
Préserver un site exceptionnel
Comme les autres gîtes de montagne implantés dans le Parc national, notamment celui du Piton des Neiges, l'établissement doit composer avec les contraintes d'un environnement particulièrement protégé. Des touristes tout juste revenus du sommet évoquent d'ailleurs l'état des toilettes chimiques du Piton des Neiges.
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"Il ne faut pas s'en prendre au gardien. C'est un problème pour lequel il n'y a pas de solutions miracles", explique-t-elle, soulignant que ces solutions ont souvent un coût important.
Près de deux ans après sa réouverture, le gîte poursuit donc son évolution.
Quelques infiltrations restent encore à corriger et les dernières plantations d'espèces endémiques doivent venir achever son intégration dans le paysage. En attendant cette dernière étape, familles venues déjeuner, randonneurs et curieux venus découvrir le nouveau visage du gîte du Piton de la Fournaise continuent de se croiser dans les "cordées" inspirées de la lave du nouveau gite du volcan.


