Saint-Joseph : un aide-soignant condamné pour avoir harcelé une étudiante en stage

Un aide-soignant de l'EHPAD était jugé pour harcèlement sexuel. Pendant deux mois, il a multiplié les propos et gestes déplacés envers une jeune fille de 19 ans venue faire son stage au sein de l'établissement. Il a été condamné à 4 mois de prison avec sursis.
Alors qu'elle effectuait son premier stage dans le cadre de ses études d'infirmière, Louanne* ne s'attendait pas à vivre un calvaire. La jeune femme débute son stage début février 2024 au sein de l'EHPAD de Saint-Joseph. C'est là qu'elle va faire la rencontre de Jean-Charles*, 60 ans, qui est l'un des encadrants des stagiaires, même s'il n'est pas le tuteur de stage.
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Si au début tout se passe bien, Jean-Charles commence à se montrer de plus en plus gênant pour la jeune femme. Les allusions déplacées se multiplient envers elle, avec des surnoms et des remarques de plus en plus perturbantes. Si Louanne prenait sur elle, une remarque sur son maquillage a fini par la faire craquer et la décide d'informer la direction avant de déposer plainte.
Lors de l'enquête, les langues se délient très vite concernant l'attitude de Jean-Charles avec les stagiaires. L'autre jeune femme en stage avec Louanne confirme qu'il n'avait pas la même attitude avec elle, tandis que ses collègues confirment qu'il a une attitude déplacée avec les jeunes stagiaires. L'homme a mauvaise réputation au sein de l'établissement, notamment depuis qu'il s'était mis en couple avec une stagiaire 27 ans plus jeune que lui il y a plusieurs années.
Sa défense : il a été manipulé par la stagiaire
À la barre du tribunal, le sexagénaire va affirmer que c'est la jeune femme qui l'a mis “en confiance”, laissant sous-entendre qu'elle l'a manipulé pour avoir une bonne note à son stage. Sur les déclarations de ses collègues, il affirme ne pas être apprécié car il est “de l'ancienne école. On ne va pas travailler pour se faire aimer”.
“Il est connu pour avoir des comportements qui ne sont pas anodins avec les stagiaires. Ce n'est pas lui qui mettait la notation, je ne sais pas ce qu'il cherchait en le faisant croire”, argue Me Brigitte Hoarau, qui représente la victime.
Pour le procureur, “tous les éléments constitutifs de l'infraction sont caractérisés : propos, paroles répétées et gestes non sollicités d'un prévenu qui avait un pouvoir d'autorité sur la victime”. Il requiert donc une peine de 4 mois de prison avec sursis et 600 euros d'amende.
“Je suis d'accord avec vous. Il y a bien infraction... si on s'en tient aux propos de la victime. Or, rien ne permet de caractériser l'infraction puisque tous les témoignages sont issus des confidences de la victime et personne n'a été témoin direct de ces faits. Donc rien ne permet de caractériser l'infraction”, souligne Me Clarisse Lévêque.
Finalement, le tribunal va tout de même le reconnaître coupable et le condamner à une peine de 4 mois de prison avec sursis. Il doit verser 2.300 euros à la victime pour le préjudice moral et les frais d'avocat.
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*Prénoms d'emprunt


