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Violences conjugales : "On a atteint un niveau de violence qui dépasse l'entendement"

Ecrit par Régis Labrousse – le dimanche 29 juin 2025 à 08H27

Un trentenaire comparaissait ce mercredi 25 juin devant le tribunal judiciaire de Saint-Denis pour des faits de violences conjugales. Particulièrement rompu à l'exercice, le prévenu fait montre d'un casier peu élogieux en la matière. En effet, sur dix condamnations, quatre concernent des violences sur conjoint, et trois des violences aggravées avec arme.

Les policiers du commissariat de Saint-André interviennent le 22 juin dernier pour des violences conjugales. À leur arrivée, l'auteur a pris la poudre d'escampette. La victime décrit un enchainement de violences d'une rare intensité : ralé-poussé, projection au sol, étranglement avec les genoux sur la poitrine alors qu'elle est au sol, coups sur les seins, griffures et mise à nu par arrachage de ses vêtements. Il va même jusqu'à la piétiner et la trainer au sol par les jambes. Le tout, à plusieurs reprises et devant l'enfant de la victime. En apothéose, il se saisit du lapin de sa compagne et menace de le tuer. Ils sont ensemble depuis un mois et demi.

Ces dires sont confirmés par la sœur de l’agresseur, présente au moment des faits. Elle explique qu'elle a dû étrangler son frère pour le faire lâcher prise alors qu'il était à genou sur sa compagne. Elle décrit son frère comme étant alcoolisé et en furie. De plus, il apparait que le mis en cause est sous le coup d'une fiche de recherche pour des faits identiques datant du 12 mai dernier, sur son ex-compagne et devant son propre fils. Il lui est reproché d'avoir poussé violemment la victime au sol avant de la menacer de mort avec une barre de fer. Cette fois encore, il s'est enfui.

"Elle m'a frappé, je me suis défendu"

À la barre, ses explications sont on ne peut plus claires pour les faits du 22 juin : "C'est une dispute qui a mal tourné. Elle m'a frappé, je me suis défendu". Pour les faits du 12 mai, c'est encore plus limpide : "C'est elle qui m'a poussé, moi, je n'ai pas commis de violences". Loin de se démonter, il poursuit : "je l'ai peut-être étranglée mais c'est pour me défendre. Je ne l'ai pas frappée, elle est tombée". En conclusion, il monte la barre un peu plus haut en se fendant d'un : "elles ont préparé quelque chose contre moi !", (NDLR : sa sœur et sa compagne). Sa mauvaise foi et son mode de défense façon "c'est parole contre parole" ont poussé le parquet à autoriser l'audition de son fils de 7 ans.

Lors de cette audition, l'enfant est on ne peut plus clair : "Papa a poussé maman, il crie tout le temps sur elle". L'enfant rapporte avoir dit à son père : "arrête ou je vais te tuer". Propos confirmés par la procureure lors de l'audience. "Mon fils a dit ça car il m'a entendu le dire. Quand il me l'a dit, ça m'a fait réfléchir et ça m'a calmé", avoue-t-il au tribunal. "On a atteint un niveau de violences qui dépasse l'entendement", fustige la partie civile qui note "une scène d'une violence inouïe", avant de conclure : "Elle a eu la peur de sa vie".

"Cette femme a été défoncée, il l'a piétinée et ça, ça ne s'invente pas"

"Avec lui, c'est toujours la faute des autres ! Il ment, c'est la seule explication", rebondit la procureure. La magistrate regrette qu'il ait "fallu auditionner son fils de 7 ans" et rappelle que "sa propre sœur était présente et a décrit les mêmes scènes que la victime". Notant qu'il est très défavorablement connu pour ce type de faits, le parquet enfonce le clou : "Cette femme a été défoncée, il l'a piétinée et ça, ça ne s'invente pas". Elle requiert une peine de 3 ans de prison, la révocation du sursis d'1 an, le maintien en détention, des interdictions de contact et de paraître aux domiciles des victimes ainsi que le retrait de l'autorité parentale.

Pour la défense, "ces faits ne peuvent pas être légitimés. Ce sont deux victimes bien entendu. Pour autant, le parquet ne prend que ce qui l'arrange et ça, vous devrez le prendre en compte", tance la robe noire. De son point de vue, "ce dossier est noir mais vous ne devez pas le noircir encore plus. Les faits sont avérés mais reconnus en partie", conclut-elle, plaidant pour une peine moins sévère et, "même s'il n'est pas excusable", le non retrait de l'autorité parentale.

Après délibération, le prévenu est condamné à la peine de 30 mois de prison dont 6 mois de sursis probatoire et révoque le sursis précédent à hauteur de 6 mois. S'il garde son autorité parentale, il est maintenu en détention et se voit interdit d'entrer en contact avec les victimes.

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