Violences conjugales : ils s'accusent mutuellement, l'homme condamné

Lors d'une audience de comparution immédiate, un homme était jugé pour avoir porté des coups à sa compagne. Alors qu'elle est convoquée en octobre prochain pour les mêmes faits, elle assure s'être défendue.
"C'est une relation toxique", commente l'une des avocates du dossier. Les faits remontent à 2024. Le couple se rencontre et, très vite, se met ensemble. Elle est déjà mère de famille, lui s'occupe de temps à autre de ses enfants. Mais si le tribunal s'intéresse à leur relation, c’est pour des faits de violences.
L'homme, sous contrôle judiciaire et soumis à une interdiction d'approcher sa désormais ex-compagne, va violer cette interdiction. À Saint-Benoît, commune où résident les deux protagonistes, l'homme l'aurait croisée au point chaud de Bras-Fusil. Ni une ni deux, il l'a suit. Au téléphone avec sa voisine à ce moment-là, la victime se voit obligée de raccrocher sans sommation. Une altercation s'ensuit.
Il lui inflige un coup de tête. Fort heureusement, les gendarmes sont prévenus et interviennent.
Accusation mutuelle
La victime révèle aux enquêteurs que les violences ont réellement démarré en juin 2024, quelque temps après leur rencontre. Elle explique que l'homme se montre jaloux du père biologique des enfants. Les disputes sont incessantes et ils en viennent souvent aux mains.
Le point de non-retour est atteint le 17 avril 2025 lorsque des coups de poing pleuvent sur la victime et qu’il la menace avec un couteau, tandis qu'elle tente de se défendre en le mordant.
À la barre, l'homme reconnaît partiellement les faits. Il explique que les disputes sont incessantes mais accuse madame d'initier les violences. Une version contredite par les enfants de la mère. Lors de son passage à la barre, une phrase va faire tiquer le tribunal : "C'est une fille, elle sait que la loi est avec elle".
De plus, la victime explique qu'elle ne peut plus sortir sereinement de son domicile : elle subirait des pressions depuis son dépôt de plainte pour violences. Des violences commises en récidive par le compagnon puisqu'il est jugé en récidive.
La défense déplore que le parquet et les enquêteurs "suivent ce que madame dit à la lettre", et que le témoignage des enfants soit pris pour argent comptant. Enfin, l'avocate relève qu'il n'y a pas de certificat médical pour corroborer les violences subies par la victime.
Le tribunal condamne l'homme à 18 mois de prison, dont 12 assortis d'un sursis probatoire. Son ex-compagne, elle, est dans l'attente de son jugement prévu pour octobre prochain.


