La victoire d’Olivier Rivière aux municipales à Saint-Philippe pourrait être confirmée par le tribunal

Reconduit dès le premier tour le 15 mars dernier, le maire sortant Olivier Rivière a vu sa victoire contestée devant le tribunal administratif par son opposante Annielle Payet. Mais faute d’apporter les preuves de ses allégations, la candidate de gauche a peu de chance de l’emporter.
Faire constater une irrégularité dans une élection n’est pas une mince affaire et les récentes protestations électorales jugées par le tribunal administratif de La Réunion, pour les communes de la Plaine-des-Palmistes et de Sainte-Rose, l’ont démontré. À l’avenir, qui sait, les candidats pourraient devoir prévoir des frais d'huissiers de justice et de détectives privés sur leurs comptes de campagne.
« La jurisprudence estime qu'une irrégularité constatée ne peut être retenue que si elle a porté atteinte à la sincérité du scrutin », rappelle, à toutes fins utiles, l’avocat de la défense, Me Jean-Jacques Morel, aux magistrats réunis ce mercredi 17 juin pour examiner la requête formée par Annielle Payet, candidate battue au premier tour le 15 mars dernier par le maire sortant Olivier Rivière.
Lors de l’audience, le rapporteur public, chargé de faire la synthèse des arguments d’Annielle Payet et de considérer leur bien-fondé, conclut au rejet de tous les moyens de sa requête. « Madame Payet développe de nombreux griefs tenant au nombre d'inscrits ou aux procurations, mais procède le plus souvent sans avancer de preuves », résume le rapporteur public.
Pas de preuve de démarchage massif de la part du CCAS
Les reproches sur le déroulement des opérations électorales sont sensiblement les mêmes que ceux entendus dans d’autres petites communes de l’île : nombre d’inscrits anormalement élevé (5.138, pour seulement 5.082 habitants au recensement de 2023), scores surprenants dans certains bureaux de vote importants, recours abusif aux procurations ou encore promesses d’emplois en échange de votes.
Mais Annielle Payet « ne démontre pas la réalité d'un démarchage massif qui aurait été mené par le CCAS » et oublie d’apporter des éléments de preuve, pourtant plus faciles à réunir, lorsqu’elle dénonce une charte graphique du candidat Olivier Rivière très proche de celle utilisée par le maire Olivier Rivière durant sa mandature.
« Il n'y a pas de compte de campagne pour les communes de moins de 9.000 habitants », insiste pour sa part Me Olivier Tamil, l’avocat de la requérante. « On nous dit que les supports de communication sont financés par le candidat, mais on ne nous fournit aucune facture. Concernant les procurations, il aurait été simple d’éteindre la protestation en communiquant les pièces. »
Un autre recours contre l'élection d'Olivier Rivière au conseil municipal
La robe noire vise directement les magistrats lorsqu’elle suggère que ceux-ci auraient pu user de leur pouvoir d’instruction en demandant à la défense de fournir certains éléments au dossier. « Vous nous imputez une charge de la preuve qui est trop importante », estime Me Olivier Tamil, non sans avoir fait valoir que c’est l’écart de voix séparant Olivier Rivière d’un second tour (soit 167 voix) qu’il convient d‘avoir en tête, et non l’écart de suffrages exprimés entre les deux listes, qui est de 467 voix.
« Cet écart de 167 voix est considérable, il représente 4,5% des suffrages exprimés », rétorque Me Jean-Jacques Morel, avant d’assurer que la « masse salariale de la commune a baissé entre septembre 2025 et février 2026 », juste avant l'élection municipale remportée par le maire sortant.
Pour des raisons de délai contraint par la loi, le tribunal administratif devra rendre sa décision rapidement, avant le 20 juin. À noter qu’un autre recours, portant cette fois sur l’élection du maire par les élus en conseil municipal, a aussi été examiné par le tribunal. Les irrégularités sur le déroulement du protocole n’ont pas été considérées par le rapporteur public comme de nature à porter atteinte à la sincérité du vote ayant conduit à l’élection d’olivier Rivière à la tête de la mairie et la procédure semble avoir peu de chance d’aboutir.


