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Protection de l’enfance : Monique Orphé estime que "l’indignation ne suffit plus"

Ecrit par N.P. – le mercredi 24 septembre 2025 à 17H40

La conseillère départementale Monique Orphé alerte sur la hausse des violences sexuelles envers les enfants à La Réunion et appelle à des moyens renforcés pour une protection « concertée et efficace ».

Face à l’augmentation inquiétante des violences faites aux mineurs à La Réunion, la conseillère départementale Monique Orphé tire la sonnette d’alarme. « L’indignation ne suffit plus », affirme-t-elle dans un communiqué, appelant à des mesures concrètes et coordonnées pour mieux protéger les enfants.

Les chiffres sont édifiants : en 2024 à La Réunion, 995 enfants ont été victimes d’atteintes sexuelles, dont 382 dans le cadre familial, et 158 viols ont été recensés, soit une hausse de 23 % par rapport à 2023. Plus largement, l’Observatoire départemental de la protection de l’enfance (ODPE) a enregistré 7 400 informations préoccupantes, contre 5 380 en 2022, soit une progression de 38 %. « Derrière ces chiffres se cachent des visages et des enfances brisées », rappelle l’élue départementale.

Selon elle, l’inceste et les violences intrafamiliales restent un fléau sous-estimé, alors que 60 % des agressions sexuelles proviennent du cadre familial. Or, 45 % des signalements débouchent encore sur un classement sans suite. « Il est nécessaire que la parole de l’enfant soit mieux accueillie, sans pour autant remettre en cause l’autorité parentale », avise Monique Orphé.

Des actions renforcées à mettre en place

Si un plan national 2023-2027 et un plan départemental 2024-2028 existent, reposant sur la prévention et la prise en charge, la conseillère départementale considère que « les moyens humains et financiers ne sont pas à la hauteur du défi ». Elle plaide pour des actions renforcées comme multiplier les lieux d’accueil et les familles d’accueil, assurer un soutien psychologique immédiat et durable aux victimes, former systématiquement les professionnels de première ligne, accélérer les procédures judiciaires et faire preuve de fermeté envers les auteurs, y compris par la suspension de l’autorité parentale.

« Chaque enfant doit pouvoir vivre sa vie d’enfant dans un milieu apaisé. Aucun ne doit grandir dans la peur, la honte ou la souffrance. Protéger nos enfants n’est pas une option : c’est un devoir moral, social et humain », conclut Monique Orphé.

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