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Présidentielle : Ce que veulent les candidats pour La Réunion

Le premier tour de l’élection présidentielle se jouera ce dimanche. Dix des douze candidats en lice ont présenté un programme spécifique pour les Outre-mer.
Ecrit par Sophie Fontaine – le vendredi 8 avril 2022 à 14H15

Fabien Roussel : "Rattraper les retards en services publics"

Le candidat communiste propose l’instauration d’un jour férié national supplémentaire pour célébrer "l’émancipation humaine et la liberté des peuples" d’Outre-mer. 

Il  propose une loi pour "rattraper les retards de tous les territoires en services publics" et veut mettre fin aux "écarts de salaires, de prestations sociales, de congés payés, de droits économiques et sociaux et culturels avec l’Hexagone" en organisant des conférences dans l’ensemble des territoires ultramarins. Il envisage par ailleurs une loi pour financer le logement social.

Emmanuel Macron veut “Aller plus vite, plus fort” pour La Réunion

Le président sortant a présenté sa vision pour les départements et régions d’Outre-mer dans le cadre de son projet présidentiel. Emmanuel Macron s’est adressé aux Réunionnais dans un courrier, puis en vidéo. Il assure que les chantiers engagés durant les cinq derniers années “portent leurs fruits” et ajoute vouloir “proposer une ambition nouvelle pour La Réunion”.

Emmanuel Macron évoque les défis de l’espace indopacifique et promet un renforcement de la présence militaire de la France dans la zone : “Cet espace est fait de menaces et d’opportunités. L’État sera à vos côtés pour écarter les premières et saisir les secondes”, promet-il.

Il prévoit le développement de nouvelles coopérations et la construction, en lien avec les grandes puissances régionales, d’un agenda conjoint universitaire, scientifique, sportif, culturel et économique.

En matière économique, il s’engage à s'attaquer aux défis, qu'ils soient numériques, portuaires, halieutiques ou encore énergétiques. “Le développement de toutes ces filières, en particulier de l’économie bleue, permettra d’accroître la création d’emplois”, assure Emmanuel Macron. 

Le défi de la transition agricole reste, lui aussi, à relever selon le candidat, pour aller vers un modèle de souveraineté alimentaire pour La Réunion. Il ambitionne, d’ici 2027, d'accélérer le développement de filières courtes.

Pour faire baisser les prix, Macron veut “aller plus loin, plus fort”, en ouvrant le débat sur les causes de la vie chère, dont la stimulation de la concurrence ou l’octroi de mer.

Concernant la mobilité et surtout la nouvelle route du littoral, il réitère son son soutien : “L’État continuera à prendre ses responsabilités, aux côtés du conseil régional, en participant financièrement aux travaux pour terminer et ouvrir la route”, promet-il.

Du côté de l’offre de soins, il l’assure, “nous continuons à maintenir un niveau élevé d’ambition à travers le Ségur de la Santé”. Emmanuel Macron projette aussi de renforcer les moyens en terme de sécurité publique, “notamment pour lutter contre les bandes organisées qui commettent des saccages urbains, les occupations sans droit du domaine public et des terrains privés”.

Jean Lassalle : “Rapatrier le commandement des forces françaises” à La Réunion

Le chef de file du mouvement "La France authentique" veut renforcer les liens avec les territoires d’Outre-mer.

“Ces merveilleux bouts de France présents sur tant de mers et d’océans sont un prolongement heureux de ce que nous sommes et une partie constitutive de ce que nous représentons”, déclare le candidat. "Le temps est venu de leur manifester à nouveau notre amour sans limites et la profondeur de notre attachement."

Jean Lassalle propose de développer le tourisme ultramarin et le tourisme d’excellence par des aides de l’État plus conséquentes.

“Nous devons construire aussi le magnifique centre dédié à la mémoire et à la connaissance de l’Homme”, ajoute-t-il.

Il souhaite “peaufiner avec les territoires d’Outre-mer” le développement des énergies nouvelles et travailler à la prévention des ouragans et des tempêtes.

Jean Lassalle veut assurer aux ultramarins l'accès à l'eau potable et l’assainissement.

Le candidat du parti "Résistons !" s’engage par ailleurs à “lutter contre les inégalités territoriales plus criantes, dans le domaine de la santé notamment”.

Il prévoit, s’il est élu de, rapatrier le commandement des forces françaises des Émirats Arabes Unis à La Réunion.

Marine Le Pen : Vers la construction d'un nouveau port réunionnais ?

La candidate du Rassemblement Nationale dédie un livret de 20 pages à son projet présidentiel aux Outre-mer. Elle voit dans cette “France du grand large “ des problèmes “souvent plus marqués et moins bien pris en compte par les pouvoirs publics”, à savoir :

- L’insécurité, faute d’une volonté politique et de moyens, notamment en matière pénale
- Une immigration hors de contrôle qui déstabilise les sociétés locales et aggrave la délinquance et la criminalité
- Un pouvoir d’achat insuffisant, inférieur à celui de la Métropole, ce qui constitue une injustice aggravée par la vie chère
- Un chômage de masse, conséquence d’une absence de politique économique adaptée aux spécificités ultra-marines
- Une incapacité à maîtriser les frontières, notamment en Guyane et à Mayotte
- Des crises sanitaires à répétition aux Antilles et Mayotte.

Elle s’engage, si elle est élue, à présider le Conseil de l’Outre-mer et propose un grand ministère d’État de la France d’Outre-mer et de la politique maritime.

“Le ministre d’État de la France d’Outre-mer et de la politique maritime veillera à ce que toutes les questions dont il a la charge soient parfaitement prises en compte par les autres départements ministériels. (...) Ce ministère animera un comité de pilotage de la départementalisation de Mayotte”.

Pour garantir “la souveraineté des espaces maritimes”, la tête de liste de M La France veut un renforcement des équipements de surveillance et d’intervention. “L’objectif sera de doter a minima chacun des territoires d’un navire de souveraineté et de moyens aériens”, précise-t-elle.

Marine Le Pen promet par ailleurs de favoriser le recrutement de Français d’Outre-mer dans la gendarmerie, la police nationale et les polices municipales. Des écoles de formation aux métiers de la sécurité seront créées Outre-mer.

En matière de développement économique de l’Outre-mer, Marine Le Pen ambitionne de :
- Construire une économie permettant de créer des emplois en Outre-mer.
- Augmenter le pouvoir d’achat.
- Développer le localisme.
- Renforcer les liens économiques avec les voisins des territoires français d’Outre-mer.
- Consolider la place de leader mondial de la France dans les domaines de l’économie de la mer.

Elle avance une série de dispositions pour renforcer l’attractivité économique et la création de nouveaux emplois, et assurer la relance des secteurs les plus en difficulté, parmi lesquelles :
- La nomination d’un haut-commissaire à la coopération économique
- La création d’une Agence pour les investissements Outremer qui s’appuiera sur les ressources de Business France

Marine Le Pen compte aussi réformer l’octroi de mer (exonérant les produits français et de l’Union européenne) tout en soumettant au vote l’instauration d'un "octroi de mer régional". 

Pour miser sur l’économie bleue, la candidate RN souhaite entreprendre :
-Le développement des filières académiques, industrielles et professionnelles des métiers liés à la mer
- Une meilleure exploitation des ressources halieutiques en favorisant le développement de la pêche en haute mer et de la pêche artisanale
- De favoriser l’investissement et l’innovation dans l’aquaculture en mer
- La modernisation les infrastructures portuaires.

“À la Réunion, la construction d’un nouveau port de marchandises et la création de capacités portuaires adaptées aux différentes formes de tourisme permettraient de lui donner des atouts nouveaux dans la compétition économique internationale”, déclare-t-elle.

Aussi, en matière d’éducation, la candidate prévoit “la restauration du principe de transmission : des valeurs, de l’Histoire de France et son Outre-mer, de notre patrimoine de savoirs et de culture”.

Éric Zemmour : développer l’agriculture, le tourisme et l’économie de la mer

Le programme d’Eric Zemmour pour les Outre-mer s’articule en trois axes. Pour "conforter et valoriser la place de l’Outre-mer dans la communauté nationale”, le candidat de La Reconquête propose de garantir la cohésion économique et sociale en établissant un plan santé pour l’Outre-mer, en modernisant l’offre hospitalière et en faisant de la problématique de l’eau une priorité.

Il annonce vouloir faire de l’Outre-mer un moteur de croissance économique et d’emplois. Zemmour entend notamment lutter contre le chômage en développant les secteurs d’excellence et d’avenir (agriculture, tourisme, économie de la mer).

Il veut également développer les flottes ultramarines, en sortant les départements d’Outre-mer de la politique européenne des pêches, et protéger l’environnement et la biodiversité des dits territoires.

La préservation de la souveraineté de la France en Outre-mer fait aussi partie de son projet. Le candidat souhaite, entre autres, renforcer la présence militaire maritime, renforcer le contrôle des frontières.

Jean-Luc Mélenchon : "Rétablir l’égalité et aller vers l’autonomie"

Le chef de file de La France Insoumise a dévoilé un long programme en cinq points pour les Outre-mer, qui selon lui “ont été abandonnés par l’État” durant le quinquennat Macron. Il met en avant une pauvreté record dans les territoires ultramarins et les inégalités liées à l’éloignement (vie chère, importation de produits sucrés, déserts médicaux, mauvaise qualité de l’eau, etc).

Jean-Luc Mélenchon veut faire des Outre-mer des avant-postes du progrès humain, en agissant suivant deux axes complémentaires :

Le premier : décréter tout de suite l’état d’urgence social, sanitaire et environnemental et “rétablir l’égalité” à travers des mesures d’urgence sociales, sanitaires et économiques.

“Nous réunirons dès l’été 2022 un premier congrès général des territoires éloignés et insulaires. Ce congrès aura pour première mission d’élaborer des propositions législatives de grande ampleur visant à l’égalité et à l’autonomie des Outre-mer, tant dans les domaines économiques, sociaux qu’environnementaux, assorti d’un plan quinquennal d’investissement décliné chaque année dans les lois de finances”, qui débutera dès 2023.
 
Le candidat promet un "bouclier qualité prix" renforcé, la garantie de la continuité territoriale, un plan de lutte contre la pandémie non liberticide.

Le second axe de son plan pour les Outre-mer est “aller vers l’autonomie”, en faisant de La Réunion et des autres territoires ultramarins “des territoires pilotes de la planification écologique et des fers de lance d’une diplomatie altermondialiste”.

Le gouvernement de l’Union populaire identifie trois grands chantiers :

- Garantir le droit à l’eau et engager la dépollution
- Engager un plan d'investissement dans les services publics
- Faire des Outre-mer des territoires pilotes de planification écologique

Jean-Luc Mélenchon propose également un traité pour contraindre les multinationales à respecter les droits humains et l’environnement, un traité international de gestion raisonnée des forêts et un traité international sur la haute mer et les grands fonds marins ainsi qu’un traité d’interdiction du plastique.

Le gouvernement d’Union populaire promet d’engager un plan d’investissement de 13 milliards sur le mandat pour les Outre-mer.

​Anne Hidalgo : "Un plan de rattrapage"

Anne Hidalgo déplore elle aussi “les défaillances des services publics (éducation, santé, sécurité) et l’investissement dans les infrastructures (eau, énergies renouvelables, routes)”. Pour y remédier, la candidate socialiste indique vouloir élaborer "un plan de rattrapage".

Si elle est élue, elle compte réformer l’Octroi de mer, créer une "agence du retour" pour permettre aux jeunes de rentrer “chez eux avec des perspectives optimales d’emploi et de vie". En matière d'écologie, Anne Hidalgo souhaite mettre en place un "grand plan de développement des énergies renouvelables pour valoriser le potentiel considérable des Outre-mer".

Yannick Jadot : Garantir "l’autonomie alimentaire"

Le candidat d’Europe Ecologie Les Verts pense à l’Outre-mer sur le plan de l’écologie. Il ambitionne notamment de garantir "l’autonomie alimentaire de l’île" comme des autres territoires ultramarins en renforçant l’accompagnement des collectivités “dans la dépollution et la mise en place de plans d’alimentation durable" .

Il souhaite garantir "l’approvisionnement des régions ultrapériphériques en produits agricoles essentiels" et envisage un contrôle des prix des produits de première nécessité et des centrales d’achat pour lutter contre la vie chère.

Le candidat avance l’idée d’une loi annuelle "d’actualisation du droit Outre-mer", permettant d'adapter les structures institutionnelles aux réalités des Outre-mer.

Valérie Pécresse : “Une Banque des Outre-mer “

La candidate LR veut un plan de rattrapage pour les Outre-mer. Elle dit vouloir “reconstruire un pacte de confiance avec nos Outre-mer fondé sur l'attachement à la République, le respect de l'identité ultramarine et la dignité de chacun".  Elle ajoute : "Il y a deux immenses défis à relever en matière de développement de l'emploi et de pouvoir d'achat”. 

Valérie Pécresse propose un "plan de lutte contre la vie chère", un "grand plan hôpital" et un "programme de convergence vers l’égalité réelle”, ainsi qu’un "plan sport Outre-mer" pour "compenser le déficit d’équipements". 

La candidate envisage également la création d’une Banque des Outre-mer pour financer des investissements dans les secteurs porteurs d’avenir (économie de la mer et énergies renouvelables notamment) et créer de l’emploi.

Nicolas Dupont-Aignan : “Une véritable continuité territoriale avec l’Hexagone”

Le candidat de Debout la France pointe du doigt ”des situations économiques, sociales et institutionnelles contrastées mais des retards de développement” liés à l’isolement. 

Il soumet un projet pour l’Outre-mer, articulé autour de cinq objectifs, soit :

- Valoriser la place de l’Outre-mer dans l’ensemble national,

- Déployer une véritable continuité territoriale avec l’Hexagone

- Rattraper les retards éducatifs et sanitaires,

- Engager et favoriser les investissements structurants pour l’avenir, l’activité et l’emploi,

- Sécuriser et développer les relations et le partenariat avec l’environnement régional

Pour y parvenir, Nicolas Dupont-Aignan dévoile 23 mesures spécifiques, parmi lesquelles :

- Réformer l’octroi de mer

- Inscrire dans le cahier des charges des chaînes de télévisions nationales publiques, un nombre d’heures obligatoires d’émissions aux heures de grande écoute, visant à améliorer la connaissance par la communauté nationale de l’Outre-mer.

- Améliorer la continuité territoriale en divisant par deux le prix des billets d’avion et plus largement le coût du transport entre l’Outre-mer et l’Hexagone, dans les deux sens et pour tous les ultra-marins

- Concentrer et renforcer la défiscalisation pour les investissements réalisés en  outre-mer

- Participer la mise en place d’un Erasmus indianocéanique

- Définir et déployer en partenariat avec les pays limitrophes

Nathalie Arthaud, candidate de la Lutte Ouvrière et Philippe Poutou du Nouveau Parti Anticapitaliste n’ont pas fait de propositions spécifiques à l’Outre-mer.

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