Pour C. Annette, les Ste-Mariens payent la Zac Beauséjour à la place de de Chateauvieux

Le torchon brûle une nouvelle fois entre Christian Annette et la municipalité de Sainte-Marie, ou plus exactement avec son premier magistrat. Le premier reproche au second d'avoir camouflé qu'une partie du financement des travaux de réseau d'eau devant desservir Beauséjour ait été prise en charge directement par les usagers sainte-mariens alors qu'il aurait dû être payé par CBo Territoria.
"Quel est le retour attendu d'un tel manège ?", demande sèchement Christian Annette. Celui-ci, accompagné de Céline Sitouze et de quelques sympathisants ce matin à la Grande Montée (haut de Sainte-Marie), n'en décolère pas. Avant d'en découdre ce soir au sein du conseil municipal, le socialiste a décidé de pointer du doigt ce qu'il appelle un "mic-mac".
Le Feder se désengage
Dans le fond du dossier soigneusement préparé par Christian Annette, le reproche d'avoir fait payé la note de la mise en réseau d'eau potable de la Zac Beauséjour.
En 2008, un contrat de concession est finalisé entre les partenaires du projet. A cette date, la construction des réservoirs AEP et le renforcement du réseau doit être partagé aussi bien par le Feder à hauteur de 2,6 millions, CBo territoria pour 1,5 millions (en tant qu'aménageur) et un effort communal porté à plus d'un million d'euros.
Une charge communale qui s'alourdit
Premier accroc "prévisible" selon Christian Annette, le désengagement du Feder en cours de route (2009) fait alors recentrer les opérations uniquement sur la Zac Beauséjour au lieu d'une opération initialement prévue pour tout Sainte-Marie.
Résultat des courses, ce désengagement fait pencher la charge sur les partenaires restants. Au final, la charge communale estimée initialement à 2,8 millions d'euros devrait atteindre les 5,5 millions d'euros sur les 30 ans à venir du fait d'un emprunt contracté à un taux de 3,4%.
Parrallèllement, l'aménageur, autrement dit CBo Territoria, bénéficie d'une clémence en ne payant pas sa part. Une collusion d'intérêts supposée qui n'en finit pas de questionner Christian Annette. "Pourquoi Jean-Louis Lagourgue fait-il un tel cadeau à de Chateauvieux ? Quelle est la contrepartie de ce cadeau ?" Et plus grave pour le conseiller municipal de l'opposition : "qui protège Jean-Louis Lagourgue ?"
Un conseil municipal tendu qui se profile
En se gardant bien de révéler sa petite idée, les indices qu'il avance ne laissent aucun doute. "Depuis deux ans je ne cesse de transmettre ces pièces à la Chambre régionale des comptes et au contrôle de la légalité de la Préfecture", avoue-t-il, d'autant plus qu'aucun compte rendu annuel du concédant (CRAC) n'a été réalisé depuis le début des opérations. Un document qui, légalement, oblige à faire le point entre les partenaires chaque année.
"Je ne lâcherai pas. il n'est pas question que l'on fasse porter à tous les usagers de la commune qui sont à la fois des Rmistes, des allocataires, etc... le poids d'un tel cadeau fait à CBo", s'insurge le candidat socialiste aux prochaines cantonales.
Mais ce soir, c'est bien au conseil municipal que les débats auront lieu. Si le décor change, les acteurs, eux, restent les mêmes.



