Pollution plastique : l’ONU tente de relancer les négociations pour un traité mondial à Genève

Près de 180 pays sont réunis à Genève pour dix jours de négociations sous l’égide de l’ONU. Objectif : parvenir à un accord juridiquement contraignant contre la pollution plastique alors que les alertes sanitaires et écologiques se multiplient. À La Réunion et dans la zone océan Indien, la pollution au plastique n'épargne pas notre écosystème.
Les États membres des Nations unies reprennent ce mardi à Genève les discussions sur le tout premier traité mondial contre la pollution plastique. Après l’échec de la session de Busan en 2024, bloquée par plusieurs pays producteurs de pétrole, l’enjeu est de taille pour cette réunion baptisée CIN5-2. D’autant que le temps presse : chaque année, des millions de tonnes de plastiques finissent dans les océans, menaçant les écosystèmes et la santé humaine.
La directrice exécutive du Programme des Nations unies pour l’environnement, Inger Andersen, a reconnu la complexité du dossier. Mais elle veut croire à la possibilité d’un compromis : « Est-ce qu’il y a un chemin pour arriver à un traité ? Absolument », a-t-elle assuré à l’ouverture des débats. Le texte en discussion, s’il aboutit, devra être juridiquement contraignant pour les États signataires, ce qui en fait une étape décisive dans la lutte contre un fléau mondial.
« Un danger grave, croissant et sous-estimé »
Un fléau dont les effets sanitaires sont également de plus en plus documentés. Un rapport publié lundi dans la revue The Lancet alerte sur les conséquences de la pollution plastique, qualifiée de « danger grave, croissant et sous-estimé ». Selon les experts, elle coûterait au monde plus de 1 500 milliards de dollars par an, et toucherait en priorité les plus vulnérables, notamment les enfants.
À Genève, une œuvre choc de l’artiste canadien Benjamin Von Wong illustre l’ampleur du problème : une reproduction du « Penseur » de Rodin ensevelie sous une mer de déchets. Une façon d’interpeller les délégations sur l’impact humain, au-delà des enjeux environnementaux.
À La Réunion, les effets de cette pollution invisible sont bien réels. Une étude menée par Margot Thibault, doctorante à l’Université de La Réunion, avait confirmé l’existence d’un “continent de plastique” dans l’océan Indien, jusque-là seulement soupçonné. Depuis 2019, 19 expéditions ont été menées dans la zone, avec le soutien de plusieurs navires scientifiques, pour cartographier les zones d’accumulation. Résultat : les microplastiques issus des déchets humains sont bien présents dans les eaux de l’île.
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Quant à L’Observatoire Marin de La Réunion (OMAR), il en avait d’ailleurs détecté dans du plancton prélevé au large de Saint-Gilles-les-Bains et de Boucan-Canot.
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Reste à savoir si cette prise de conscience mondiale aboutira, dans dix jours, à une avancée diplomatique majeure.


