Revenir à la rubrique : Politique

« Pas de consigne de vote » : Les prochaines élections dans la tête des politiciens

Nombreux sont les candidats battus du premier tour, ou élus en poste, qui ont annoncé ne donner aucune consigne de vote pour le second tour où le Nouveau Front populaire affronte le Rassemblement national. Beaucoup de politiciens ont décidé de ne pas appeler au "barrage contre l'extrême-droite", même si plusieurs ont exprimé leurs inquiétudes à l'éventualité de l'arrivée du RN au pouvoir. Ne pas se positionner contre le RN, un choix de prudence pour ceux qui devraient briguer des mandats aux prochaines élections.

Ecrit par Baradi Siva – le vendredi 05 juillet 2024 à 20H41

Le premier tour des élections législatives a vu le Rassemblement national placer ses sept candidats au second tour face aux membres du Nouveau Front populaire. Cette situation inédite, où l’extrême droite réunionnaise est en position d’obtenir des sièges à l’Assemblée dans un affrontement bloc contre bloc, a obligé les candidats malheureux et autres élus de premier plan à se positionner durant ce moment historique.

Si la gauche a en très grande majorité appelé à faire barrage à l’extrême droite, plusieurs candidats éliminés ou acteurs politiques n’ont pas eu un discours aussi clairs. Certains ont affirmé qu’ils n’appelleraient pas à votre contre le RN car cette stratégie ne serait plus efficace, d’autres ont préféré n’exprimer aucun sentiment sur le sujet. Quelques uns ont choisi de ne donner aucune consigne de vote tout en laissant devenir leur réel positionnement.

À gauche, Lutte Ouvrière a décidé de ne pas donner appeler à voter pour un candidat. L’explication : aucun représentant des « travailleurs » présents au second tour. Pour autant, Lutte Ouvrière n’évoque que deux possibilités dans son communiqué, choisir le Nouveau front populaire ou s’abstenir.

Deux politiciens de premier plan ont remis en question l’efficacité d’un barrage républicain contre l’extrême droite. Il s’agit de Thierry Robert qui signait lors du premier tour son retour dans la vie politique précipité par les Législatives anticipées alors qu’il se voyait candidat aux Municipales de 2026. « Je n’appelle pas à faire barrage car cette stratégie a démontré son inefficacité« , déclare-t-il dans son communiqué d’entre-deux-tours. Une prise de position qui lui permet de ne pas s’opposer aux quelque 3.000 électeurs saint-leusiens qui ont choisi le RN dimanche dernier.

Alexandre Laï-Kane-Cheong, éliminé au premier tour sur la 6e circonscription, est lui encore plus critique de la stratégie du barrage républicain qui fonctionne comme « des boosters de la colère populaire, tant la digue a sauté« . Il déplore par ailleurs le choix de la Plateforme réunionnaise, qui le soutenait lors du scrutin de dimanche, d’appeler les électeurs à voter à gauche, sans l’avoir consulté.

Ceux qui décident de ne pas donner de consigne de vote et encore moins de faire connaître leur positionnement personnel, profitent de l’occasion pour préparer leur avenir politique. Erick Fontaine annonce par exemple qu’il va créer son mouvement citoyen et Gino Ponim Ballom affirme qu’il reprendra le terrain pour les futures échéances électorales. Mais aucun des deux n’a voulu prendre position sur le scrutin, pourtant historique, et aux lourdes conséquences, du 7 juillet.

Du côté des derniers représentants de la plateforme de l’union de la droite et des centres, sur la 4e circonscription, l’ex-député et candidat éliminé au premier tour, David Lorion, n’a pas appelé à faire barrage à l’extrême droite. Il avait pourtant été prompt à quitter Les Républicains lorsque son président, Eric Ciotti avait initié une alliance avec le Rassemblement national. Le protégé de Michel Fontaine, qui avait insisté sur les valeurs du gaullisme, ne se dressera pas sur le chemin du RN. Dans un communiqué, il s’en remet aux électeurs sans leur indiquer le choix à faire : « L’avenir et le destin de notre nation sont entre vos mains. »

Enfin, il y a le cas de l’embryon d’une nouvelle plateforme de l’union de la droite et des centres dans le Sud-Ouest. Juliana M’Doihoma, Bruno Domen et Mathieu Hoarau, ont exprimé leurs craintes quant à la possibilité de l’élection d’un ou de plusieurs députés RN, parti dont les idées « peuvent heurter notre histoire, identités et valeurs de notre vivre-ensemble réunionnais » tout en ne donnant pas de consigne de vote.

Certains politiciens n’ont pas donné de consignes de vote car ils ne croient pas à cette stratégie. Mais à droite et au centre, plusieurs politiciens ont donc choisi de ne pas appeler au barrage républicain pour ne pas s’opposer aux 81.000 électeurs du RN en vue des prochaines échéances électorales.

Message fin article

Avez-vous aimé cet article ?

Partagez-le sans tarder sur les réseaux sociaux, abonnez-vous à notre Newsletter,
et restez à l'affût de nos dernières actualités en nous suivant sur Google Actualités.

Pour accéder à nos articles en continu, voici notre flux RSS : https://www.zinfos974.com/feed
Une meilleure expérience de lecture !
nous suggérons l'utilisation de Feedly.

0 commentaires

Dans la même rubrique

« Nous avons assisté à des procès d’intention indignes menés par des opposants à la nomination d’Huguette Bello à Matignon »

« Sa décision de décliner la proposition d’occuper le poste de Première Ministre contraste complètement avec les motivations de certain.e.s ». Les mots sont ceux de la présidente de l’Union des femmes réunionnaises et sénatrice de La Réunion, Evelyne Corbière-Naminzo, qui tient à saluer l' »engagement indéfectible pour plus de justice et de solidarité́ » d’Huguette Bello. Pour rappel, cette dernière a décliné ce dimanche la proposition de la France insoumise (LFI) et du Parti communiste français (PCF) d’occuper le poste de Première ministre. Saluant le « parcours politique exemplaire » de la présidente de Région, Evelyne Corbière-Naminzo regrette que celle ci n’ait pas obtenu « un consensus total » autour de son nom pour occuper Matignon. Elle pointe en particulier le rôle joué par le Parti socialiste, qui « a pourtant pu compter sur les soutiens d’Huguette Bello à François Mitterand, François Hollande et Ségolène Royal, lors des élections présidentielles ».

Huguette Bello annonce qu’elle n’ira pas à Matignon

Malgré l’appel de ses soutiens, Huguette Bello ne sera pas nommée Première ministre. L’annonce a été faite ce dimanche par la présidente de Région elle-même dans un communiqué. Elle explique vouloir « garantir l’unité du Nouveau Front populaire » en déclinant « sans plus attendre » l’offre qui lui a été faite. « Je prends acte qu’elle ne fait pas l’objet d’un consensus entre toutes les composantes du Nouveau Front Populaire, et notamment qu’elle n’est pas soutenue par le Parti socialiste », précise la cheffe de file du PLR.

Jean-Hugues Ratenon et Joé Bédier demandent aux élus locaux de pousser la nomination d’Huguette Bello à Matignon

Dans un communiqué, le président de Rézistan’s Égalité 974, Jean-Hugues Ratenon, appelle le Parti socialiste, et notamment la fédération locale représentée par Ericka Bareigts, à faire preuve de « responsabilité » pour permettre la nomination d’Huguette Bello à Matignon. Même son de cloche pour Joé Bédier pour qui il est crucial « de placer les intérêts supérieurs des Français au premier rang », en demandant aux partis du Nouveau Front populaire (NFP) de s’entendre sur la candidature de la présidente de Région.

NFP : Comment le nom d’Huguette Bello est arrivé au centre des débats

Le Nouveau Front populaire se déchire depuis plusieurs jours autour du sujet du nouveau gouvernement qui sera formé suite aux élections législatives anticipées. Pour sortir de l’impasse, le nom d’Huguette Bello a été cité. Mais comment l’hypothèse d’une candidature de la présidente de la Région Réunion est-elle arrivée sur la table ?