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"On ne tiendra pas" : l’alerte rouge des agriculteurs face à la flambée du carburant

Ecrit par L-H.T – le jeudi 23 avril 2026 à 11H31
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La hausse des prix du carburant ne se contente plus de peser sur les automobilistes. Elle fragilise désormais tout un pan de l’économie locale. Dans un communiqué, la FDSEA tire la sonnette d’alarme et décrit un monde agricole au bord de l’asphyxie.

Le moteur tousse. Dans les champs comme sur les routes, le carburant est devenu une ligne de fracture. À La Réunion, où l’agriculture repose largement sur le gazole non routier, la mécanique économique se grippe à mesure que les prix s’envolent.

"Cette situation frappe de plein fouet le secteur agricole", prévient la FDSEA, rappelant que les exploitants "façonnent nos paysages et nourrissent la population locale".

Derrière la formule, il y donc du concret. Le monde agricole représente près de 12 % de la consommation locale de GNR. Une dépendance lourde, qui expose les exploitations aux soubresauts du marché pétrolier.

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Et ces derniers mois, la facture s’emballe. Le coût du carburant, indispensable au fonctionnement des tracteurs, des engins de récolte ou encore au transport des productions, "se répercute mécaniquement et violemment sur l’ensemble de la chaîne".

Les chiffres avancés donnent le vertige. Plus de 26,4 millions d’euros de charges supplémentaires sur une seule année pour l’ensemble des filières. Dans certaines exploitations, le carburant est passé de 15 à près de 25 % des charges.

Une bascule redoutable. Car dans un marché local contraint, impossible d’augmenter les prix sans risquer de disparaître. "Leurs marges fondent de manière alarmante", insiste le syndicat.

Imprévus

Dans les fermes, les trésoreries vacillent. "De nombreuses exploitations se retrouvent aujourd’hui dans l’incapacité de couvrir ces factures énergétiques imprévues", alerte la FDSEA.

Derrière cette phrase encore une fois, des réalités très concrètes. Salaires menacés, emprunts fragilisés, investissements gelés. L’agriculture réunionnaise, déjà éprouvée, encaisse un nouveau choc.

Car la crise ne tombe pas du ciel. Elle s’ajoute à d’autres tensions. Le coût des intrants a déjà explosé, avec une hausse de plus de 30 % pour les engrais et l’alimentation animale ces dernières années. Le fret maritime renchérit tout. L’insularité complique chaque étape. Et face à une concurrence extérieure "souvent déloyale", les producteurs locaux peinent à tenir la cadence.

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Les aléas climatiques n’ont rien arrangé. Cyclones, sécheresses, pertes à répétition... Les dernières années ont entamé la capacité d’investissement des exploitations de près de 30 %.

Aujourd’hui, le carburant agit comme un accélérateur de crise. "Ce n’est plus la rentabilité qui est en jeu, mais la survie même des 6.300 exploitations familiales de l’île", martèle le communiqué.

"Urgence à agir"

Le ton se durcit. L’heure n’est plus au constat mais à l’urgence. Gel des taxes sur le carburant, augmentation du remboursement de la TICPE, création d’un fonds régional de soutien. Les pistes sont connues, répétées, martelées. "Il y a urgence à agir", insiste la FDSEA.

Au-delà des chiffres, une question affleure. Que devient une île qui ne peut plus nourrir sa population. "Laisser mourir notre agriculture sous le poids des charges énergétiques, c’est condamner La Réunion à une dépendance alimentaire totale", avertit le syndicat.

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