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Mafate : Les concessions de la discorde

Depuis plusieurs années, le propriétaire d’un camping de Mafate se dit empêché dans son activité économique par l’installation d’un de ses voisins. Entre coupures d’eau, servitudes contestées et procédures en tous genres, la situation est confuse.

Ecrit par M.B – le dimanche 22 octobre 2023 à 11H23, mis à jour le jeudi 02 novembre 2023 à 10H11
Photo d'illustration

Que se passe-t-il exactement autour des concessions d’Alain Hoareau ? Le propriétaire du gîte l’Arbre du voyageur n’en démord pas : “on cherche à me mettre dehors”. Âgé et handicapé, “l’Ermite de Mafate” se dit dépossédé d’une partie de ses terrains, et entravé dans son activité touristique. Déjà récemment au coeur d’une altercation qui aurait pu mal tourner, ce personnage bien connu du cirque se dit menacé jusque dans sa maison.

Tout commence en 2018, lorsqu’Alain Hoareau accepte que R.V. vienne l’aider. En août, il demande l’autorisation de s’installer sur une partie de sa parcelle de camping. C’est à partir de là que les récits divergent. Car Alain affirme n’avoir jamais accepté que R.V reste indéfiniment. « Le terrain est inconstructible et je dois respecter mon contrat avec l’ONF« . Peu de temps après, un agent de l’ONF passe et établit un contrat à R.V. Un état des lieux d’entrée sur la parcelle est produit, « sans que je reçoive un état des lieux de sortie« , explique l’homme.

D’un côté Alain Hoareau affirme que dès que cette régularisation a été officielle, R.V. a cessé de travailler pour le gîte et s’est construit plusieurs bâtiments. “Deux constructions ont poussé sans que l’ONF ne fasse quelque chose”, s’agace l’homme.

“Je n’ai plus accès à mon jardin botanique. Peu à peu, on m’arrache des terrains et je ne peux rien faire. Ma canalisation d’eau a été arrachée. Entre les menaces et les insultes, j’ai l’impression de ne plus être chez moi”, poursuit le gérant du gîte. La servitude accordée ensuite par l’ONF à R.V. coupe M. Hoareau d’une partie de ses terrains. Les plaintes et procédures se multiplient, et la brouille entre les deux hommes est consommée.

“J’ai travaillé des mois gracieusement pour lui”

Le son de cloche est bien évidemment différent lorsqu’on interroge R.V. “J’avais le projet de vivre à Mafate, et j’ai rencontré M. Hoareau à ce moment-là. Il avait un projet d’association pour faire son camping et cherchait de l’aide. J’ai accepté et j’ai travaillé plusieurs mois pour lui gracieusement. Mais le projet a tardé à se mettre en place, et c’est quand j’ai demandé à avoir une assurance que ça allait bien se faire que les relations ont commencé à se dégrader. J’ai dû repartir dans les Bas pour remettre de l’argent de côté, et entre-temps, le covid est arrivé. M. Hoareau refusait que je monte, d’autant plus que j’avais besoin de passer par son terrain pour arriver chez moi”, explique R.V.

J’étais entouré par les concessions d’Alain Hoareau ou de ses proches et j’ai dû demander à l’ONF un droit de servitude pour accéder à ma maison. Enfin, il dit que j’ai fait construire des bâtiments, mais ils existaient avant que j’arrive. Ils sont d’ailleurs mentionnés dans l’état des lieux lorsque je suis arrivé. J’ai juste changé la toiture, mais l’emprise au sol reste la même”, assure R.V.

Il va pourtant devoir s’expliquer auprès du tribunal judiciaire de Saint-Denis le 26 octobre prochain, après une plainte de la DEAL qui a constaté ces constructions. “Si je suis dans l’illégalité, c’est parce qu’on m’a roulé dans la farine”, déclare l’homme. “J’ai remboursé les matériaux des bâtiments et avancé de l’argent à M. Hoareau pour qu’il monte son projet”, poursuit R.V qui parle de presque 40.000 euros en jeu.

De son côté, l’ONF reconnaît être au courant de la situation, mais affirme que pour l’office national des forêt, “la situation concernant la présence de R.V. est régularisée depuis 2018. Nous sommes toujours en lien avec M. Hoareau, et nous avons même renouvelé récemment sa concession d’habitation et d’activité de gîte”.

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Thèmes : ONF
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valeo
1 mois il y a

« …qui a constaté ces construction… » Si déjà on ne sait pas écrire le français, pour le créole à l’école, comment dire ?…

ehben
1 mois il y a

« Si je suis dans l’illégalité, c’est parce qu’on m’a roulé dans la farine
Ah bon, construire sans autorisation c’est la faute des autres?
Tous les opportunistes débarquent ici et Mafate subit le même sort

Koba
Répondre à  ehben
1 mois il y a

Il faut lite TOUT l’article

Dernière modification le 1 mois il y a par Koba
Zourit
1 mois il y a

Pourquoi ne pas citer RV ? On a bien dit HOAREAU en face ?
On aurait peut-être mieux compris le litige….

Lui
1 mois il y a

L’arnaque au gra Moune ??…

Lucien DESCAVES
1 mois il y a

Faire un barrage dans la rivière des galets, Mafate deviendra un grand lac Ce sera excellent pour les contribuables

Grangaga
1 mois il y a

Domounn’ y sa va Mafatt’, pou… Mafatt’, èk’ son …son …..  » l’ontan-tissité « …
Y soff’ do bwa kan y fé fré, si y fé tro so, y sortt’ déorr’, ou y lèss’ la fénètt’ rouvèrr’.
Y binll’ la rivirr’ dann’ bassin….
Y manz’ satt’ y pouss’ dann’ zardin, si la pwin y trok’ antt’ vwazin.
Kossa sa bann’ nouvo kons’triksyion èk’ la klimm’, sofaz’, Wifi, Nèt’flik’ èk’ toutt’ sa zot’ y vé fwirr’ an vil’….
Byinto va rodd’, pissinn’, sona, kar’ri doradd’, ton rouz’, am’bèrguèrr’, rès’toran Sinwa, zot’ ….. » l’oto »….

yab
Répondre à  Grangaga
1 mois il y a

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