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Londres face à une nouvelle opposition sur le transfert des Chagos

Ecrit par N.P. – le jeudi 26 décembre 2024 à 15H38
L'archipel des Chagos et ses principales îles.

Les dirigeants mauriciens rejettent les termes du projet d’accord sur les Chagos, mettant en péril un plan stratégique entre Londres et Washington.

Sir Keir Starmer, Premier ministre britannique, est sous pression pour renoncer au transfert des îles Chagos à l’île Maurice après que le nouveau gouvernement mauricien a rejeté les termes de l’accord conclu en octobre. Alors que Downing Street insiste sur le fait que l’accord est toujours en cours, les demandes de renégociation de Maurice viennent compliquer une échéance clé avant l’arrivée de Donald Trump à la Maison-Blanche, selon la presse anglaise.

Lire aussi : Des nuages sur l'accord de rétrocession des Chagos, après l'élection de Trump ?

Au Parlement, le Premier ministre mauricien Navin Ramgoolam a déclaré que l’accord politique en cours n’apportait pas les bénéfices escomptés pour son pays. Cette position a conduit à la reprise des négociations entre Port-Louis et Londres le mois dernier. Dans ce cadre, le Royaume-Uni a envoyé à Maurice deux représentants : Jonathan Powell, conseiller à la sécurité nationale, et Harriet Matthews, directrice générale pour l’Afrique.

Souveraineté et redevances d'occupation

Deux enjeux majeurs sont au cœur des discussions. Le premier concerne la souveraineté mauricienne sur les Chagos. Bien que Londres reconnaisse cette souveraineté, elle propose dans l’accord que Maurice cède, pour une période de 99 ans, ses droits sur Diego Garcia, l’atoll où se trouve la base militaire stratégique exploitée par les États-Unis, rapportent nos confrère de RFI.

Pour l’équipe de Navin Ramgoolam, ce compromis soulève des problèmes juridiques et constitutionnels. La Constitution mauricienne inclut les Chagos dans son territoire, et en 2019, la Cour internationale de Justice a jugé illégale la présence britannique sur l’archipel. Céder Diego Garcia constituerait une violation de ce cadre légal.

Le second enjeu concerne les redevances d’occupation du territoire. Le montant et la rétroactivité des loyers versés par Londres font l’objet d’intenses tractations. Face à ces demandes, les négociateurs mauriciens, Navin Ramgoolam et Paul Bérenger, se montrent intransigeants sur les questions de souveraineté et de respect du droit international.

Selon Ramgoolam, Londres cherche à finaliser cet accord avant l’investiture de Donald Trump le 20 janvier 2025, dans l’espoir d’éviter une opposition américaine accrue.

Etiquettes : Chagos

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