Revenir à la rubrique : Politique

Les cantonales vont-elles faire un flop ?

Loin derrière les présidentielles et les municipales, les élections cantonales font partie des élections les moins mobilisatrices, tout en restant loin devant les européennes. Les cantonales bénéficient d’un déficit flagrant d’enthousiasme auprès des électeurs. Pourtant, elles constituent l’élection locale par excellence puisque le découpage en cantons est censé coller au plus près de la réalité du terrain. En 2004, à la Réunion, date des élections des 25 cantons qui arrivent à renouvellement en 2011, le 1er tour a connu un taux d’abstention de 32% pour retomber à 26% au second.
Ecrit par Ludovic Grondin – le jeudi 24 février 2011 à 12H34


(Re)mobiliser les électeurs après des Régionales qui passionnent toujours autant et une année avant les présidentielles, voici le défi de la centaine de candidats engagée dans la course au siège au Palais de la Source.
 
Les élections présidentielles de 2007 restent la référence
 
Ce n’est pas faute d’être nombreux, ils seront 158 candidats à battre le pavé dans les prochains jours (si ce n’est déjà fait) et ce jusqu’au 20 mars, jour du premier tour, mais plutôt de la qualité du message délivré. Combien de Réunionnais connaissent vraiment le nom de l’élu les représentant au Conseil général ? Combien savent si leur canton sera concerné par ces élections partielles ? Sans doute pas énormément. Mais loin de nous l’idée de prospecter vainement dans une boule de cristal, les chiffres des précédentes élections peuvent, eux, nous donner des indications tangibles.
 
A la Réunion, les taux d’abstention révèlent un manque d’enthousiasme mais restent au-delà des taux nationaux. 32,8 % des électeurs inscrits en 2004 s’étaient abstenus au 1er tour des cantonales. Sans doute histoire de voir les choses se décanter naturellement. Ils seront ainsi seulement 26,9 % à sécher le second tour.

La faible mobilisation pour les cantonales peut s’expliquer par différents facteurs.

 
En France métropolitaine, les taux d’abstention étaient respectivement de 36,09% (1er tour) et de 33,51% (2nd tour). Une comparaison qui montre que finalement, les Réunionnais se mobilisent un peu plus que les métropolitains pour les cantonales même si le taux d’abstention reste loin devant celui  des dernières présidentielles. En effet, le regain démocratique qu'avait connu la France à l'occasion de la présidentielle de 2007, avec des records de participation au premier tour (16,2 % d'abstention seulement) et au second (16 %) après des années de baisse de la mobilisation électorale depuis le début les années 1980, ne paraît donc n'avoir été qu'une simple parenthèse
 
Quelles sont les causes du désintérêt pour les cantonales ? Tout d’abord, le découpage particulier des cantons, qui ne respecte pas forcément une logique géographique ou historique flagrante. Il arrive ainsi parfois que certaines communes soient découpées en pas moins de huit cantons comme à Saint-Denis, ou encore cinq cantons comme à Saint-Paul. Bref, une offre d’élus pléthorique qui, à l’inverse, n’offre pas une visibilité accentuée à cette élection locale.
 
Un manque de charisme des candidats
 
Ensuite, les élections cantonales n’offrent pas de grands duels comme on peut les retrouver pour les présidentielles ou les Régionales qui transcendent des luttes de partis aussi bien que des luttes de personnalités fortes de la vie politique.
 
Enfin, le manque de visibilité et donc d’intérêt qui n’ont fait qu’être confirmés par la toute récente réforme territoriale qui effacera dès 2014 ce clivage entre les assemblées régionales et départementales. Une réforme placée sous le joug de la maîtrise des déficits qui, dans la réalité, divisera le nombre des conseillers régionaux et départementaux actuel par deux.

 

Etiquettes :

Dans la même rubrique

0💬
Tri :