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Le billet d’humeur de Mohamed Aït-Aarab : Vive la journée internationale... des journées internationales

Ci-dessous le billet d’humeur de Mohamed Aït-Aarab :
Ecrit par zinfos974 – le lundi 29 novembre 2021 à 11H32

Saviez-vous qu’il existait le 10 février de chaque année une “Journée internationale des légumineuses” ?

Que le 20 mars, nous célébrions la “Journée internationale du bonheur” ?

Et que le 7 septembre “l’air pur pour des ciels bleus” était fêté partout sur notre planète ?

J’avoue, à ma grande honte, que je suis passé à côté de tous ces événements majeurs du calendrier onusien. Calendrier bien fourni, il est vrai. Il suffit de se connecter à l’adresse ci-dessous :

https://www.un.org/fr/observances/list-days-weeks
pour s’en convaincre : la totalité des journées et semaines internationales y est scrupuleusement consignée. Et il y a de quoi faire ! Du 4 janvier au 27 décembre, ce sont près de deux cents dates qui figurent au menu. De quoi bien remplir vos agendas et le mien.

Quoique !
Je me pose en effet quelques questions éminemment existentielles quant à ma participation active à ces journées.

Que dois-je faire le 21 mars ? Célébrer les forêts ? La poésie ? Ou le Novruz ? … dont j’ignorais tout jusqu’à ce que Wikipédia – le meilleur ami des lycéens et des étudiants – effrayé par mon ignorance crasse m’apprenne qu’en Azerbaïdjan (pays du très affable Ilham Aliev), l'arrivée du printemps donne lieu, pendant cinq jours, à de grandes festivités.

Et le 12 avril (Journée internationale du vol spatial habité), dois-je prendre un crédit sur cinq générations pour décoller avec Elon Musk ? 

Enfin, le 3 juin (Journée mondiale de la bicyclette), faut-il que j’entame un tour cycliste sur les (trop) rares pistes cyclables sécurisées de notre île ?

Bref, la consultation de la liste des Nations Unies m’a plongé dans un océan de perplexité. Et surtout je m’interroge quant à l’utilité réelle de certaines de ces journées.

À trop charger la mule calendaire, l’O.N.U. ne rate-t-elle pas la cible visée, à savoir sensibiliser l’opinion la plus large possible aux multiples maux qui affectent notre misérable humanité ? Ne serait-il pas, stratégiquement parlant, plus efficace d’accorder la priorité à des questions brûlantes (toutes le sont, me direz-vous) que d’afficher un inventaire à la Prévert tout juste bon à faire sourire les cyniques ?

Et surtout de mobiliser les moyens pour combattre réellement et efficacement les discriminations (1er mars), le paludisme (25 avril), la disparition (programmée) des abeilles, donc de l’espèce humaine (20 mai), etc.

Mais, peut-être l’époque n’est-elle plus à l’idéalisme ? Si tel devait être le cas, l’O.NU. restera éternellement un « machin » qui devrait nous inventer, sous peu, … la Journée Internationale des Journées Internationales.

 

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