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La Réunion grande perdante du nouveau partenariat économique entre l’Union européenne, Madagascar, Maurice, les Seychelles et les Comores ?

Ecrit par T.L. – le dimanche 7 juin 2026 à 18H27

L’Union européenne signera le 10 juin avec Madagascar, les Comores, Maurice et les Seychelles un nouvel accord de partenariat économique (APE) élargi. Pour le PCR, cet accord de libre-échange pourrait avoir de graves conséquences pour les Réunionnais.

C’est l’ambassadeur de l’Union européenne (UE) lui-même Roland Kobia qui en a fait l’annonce publique sur les réseaux sociaux : un accord de partenariat économique (APE) réciproque sera signé le 10 juin avec quatre États de la Commission de l’océan Indien (COI). Un accord de libre-échange qui semble avoir été négocié dans le dos de La Réunion et de la France, puisque notre île ne figure pas dans la liste des pays signataires que sont Madagascar, Maurice, les Seychelles et les Comores.

« Cet accord ne pourra que favoriser les délocalisations vers Madagascar de secteurs comme l’informatique, la comptabilité, la communication ou la banque, en raison d’une main-d’œuvre au moins aussi compétente et moins payée que le RSA. Dans l’état actuel, La Réunion va perdre des emplois qualifiés, accroître sa dépendance à l’argent de la France et deviendra essentiellement un pays de consommation de biens et services importés », alerte ce dimanche 7 juin le Parti communiste réunionnais (PCR) dans un communiqué.

Les Réunionnais n'ont pas été consultés selon le PCR

Selon nos confrères de L’Express de Madagascar, l’accord de partenariat économique doit lever tout droit de douane pour les exportations des quatre états signataires vers les pays de l’Union européenne. Cet APE élargi intégrera les services, les investissements ou encore le domaine de la propriété intellectuelle, et comporte un volet touchant à la mise aux normes européennes des entreprises.

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« Cette extension de l’APE aux services doit susciter les plus fortes inquiétudes. Les activités de comptabilité, d’informatique, de traitement administratif ou encore de services financiers et juridiques figurent parmi les secteurs les plus facilement délocalisables. Plusieurs groupes implantés à La Réunion ont déjà anticipé l’APE : GBH est bien plus présent à Madagascar qu’à La Réunion. U et Leader Price aussi. Pourquoi ne délocaliseraient-ils pas tout sauf les murs et les rayons des magasins à Madagascar ? », interroge le PCR, en agitant la menace d’une aggravation du chômage dans l’île.

Le parti fondé par Paul Vergès affirme que les Réunionnais n’ont pas été consultés sur le sujet et déplore le silence de nos députés européens, sans citer nommément l’élu de LFI Younous Omarjee. Pour le PCR, l’État français n’a pas non plus joué son rôle de protecteur des intérêts des Réunionnais.

Un APE bâti sur mesure pour Madagascar

« Après la signature de l’APE, il sera urgent d’avoir les moyens de discuter avec nos voisins de la recherche de complémentarités dans le cadre d’un co-développement. Nous avons des compétences à partager (médecine, énergies renouvelables, francophonie, outils de formation…) afin d’aller vers un partenariat « gagnant-gagnant » plutôt que vers une mise en concurrence mortifère », conclut le PCR, en ouvrant la voie à l’intégration de La Réunion dans l’accord.

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Cet APE élargi fait suite à un accord de partenariat économique intérimaire lancé en 2012 par l’Union européenne et qui intégrait jusqu’ici le Zimbabwe. Les exportations des Seychelles vers les pays de l’Union européenne, tout comme la production halieutique de Maurice, avaient notamment bénéficié du dispositif.

Le nouvel accord, axé notamment sur les services, devrait surtout profiter à Madagascar, qui peut proposer une main d‘œuvre qualifiée, jeune et très mal rémunérée. Un sujet qui devrait alimenter les conversations dans les couloirs du 40è conseil des ministres de l'océan Indien, qui débute ce lundi 8 juin à Moroni (Comores).

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Etiquettes : COI | Comores | Madagascar | Maurice | PCR | PU1 | Seychelles

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