La Réunion face au réchauffement climatique : une hausse de 3 °C annoncée d’ici 2100

Lancée en 2023 par Météo-France, la Trajectoire de Réchauffement de Référence pour l’Adaptation au Changement Climatique (TRACC) dresse pour la première fois des projections spécifiques aux territoires ultramarins. À La Réunion, les températures devraient augmenter de près de 3 °C d’ici la fin du siècle, bouleversant durablement les équilibres climatiques et environnementaux.
La TRACC, élaborée à partir des scénarios du GIEC, sert de référence nationale pour anticiper et planifier l’adaptation de la France au réchauffement climatique. Ce cadre scientifique, mis à jour selon les évaluations internationales, fixe trois horizons de réchauffement — 2030, 2050 et 2100 — et s’applique désormais aux outre-mer grâce à une équipe pluridisciplinaire de Météo-France.
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Il constitue un outil de planification majeur pour adapter les politiques publiques, les normes d’urbanisme ou encore la gestion des ressources naturelles dans un contexte où les objectifs de l’Accord de Paris paraissent de plus en plus hors d’atteinte.
Une île plus chaude et plus sèche
Selon les projections établies pour La Réunion, la température moyenne augmentera de +1,5 °C d’ici 2030, +2 °C à l’horizon 2050 et +2,9 °C en 2100. Concrètement, cela signifie que le nombre de « jours chauds » — lorsque la température moyenne sur la journée atteint 31 °C — passera d’une dizaine actuellement à près d’une centaine par an d’ici la fin du siècle. Ces journées de forte chaleur toucheront surtout le littoral, mais les mi-pentes et les hauts seront également concernés.

Parallèlement, la saison sèche devrait voir ses précipitations diminuer de 15 %, fragilisant les ressources en eau disponibles en fin de période.

Pour Céline Joffret, directrice interrégionale de Météo-France Océan Indien, « il y a déjà des signaux significatifs sur nos territoires. Avec un degré supplémentaire, on observe déjà des blanchissements de coraux. Les conséquences seront multiples, avec une exposition plus intense à la chaleur et une baisse des ressources en eau ». Elle souligne aussi un risque cyclonique toujours présent, mais avec des systèmes « plus intenses », aggravés par la montée du niveau de la mer qui va amplifier les submersions marines.
À Mayotte, une situation plus critique encore
Si La Réunion fait face à un avenir climatique préoccupant, celui de Mayotte s’annonce encore plus alarmant. Les projections y prévoient une hausse de +3 °C d’ici 2100, accompagnée de 205 jours chauds par an, soit plus de la moitié de l’année, et donc l'impact concernera pratiquement toute l'île.

Le territoire devrait en outre subir une chute de 30 % des précipitations annuelles, accentuant les tensions hydriques et les risques sanitaires dans une île déjà en proie à des difficultés sur la ressource en eau.

Les deux îles de l'océan Indien illustrent la vulnérabilité des régions tropicales face au changement climatique. Comme le rappelle Céline Joffret, « le stress thermique sera particulièrement marqué dans les zones tropicales, avec des impacts non seulement sur les populations, mais aussi sur la faune, la flore et l’équilibre des écosystèmes ».


