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La météorite de Sainte-Rose, cette Réunionnaise venue de l’espace

Ecrit par Philippe Madubost – le dimanche 13 juillet 2025 à 05H52

La seule météorite connue à être tombée sur le sol de la Réunion continue de fasciner. Vieille de 4,4 milliards d’années, issue de la barrière d’astéroïdes, elle nous raconte la genèse du système solaire. Un joyau venu de l’espace dont l’histoire sera à (re)découvrir lors des prochains Jours de feu, en septembre à Sainte-Rose, à l'occasion d'un documentaire sur la rivière de l'Est.

Dans la classification mondiale des météorites, elle est rangée dans la catégorie H3.6. Celle des chondrites dites ordinaires, riches en fer. Des météorites primitives qui n’ont pas connu de transformation au fil des millénaires. Ou plutôt de différenciation, le terme exact, due à une fusion partielle. Un reliquat des premiers instants de la formation du système solaire. Dans sa catégorie, seules 43 météorites du même type ont été découvertes dans le monde et cocorico, celle de Sainte-Rose figure en cinquième position du fait de sa taille.

Elle pesait 430 grammes au moment de sa découverte. Elle en fait aujourd’hui 351,2 après avoir été délestée d’une partie pour analyse. Elle tient dans la paume d’une main. Chacun peut l’admirer depuis le 13 mai 2018 à la Cité du volcan, date de son retour sur l’île après 35 ans d’exil dans les réserves du Muséum national d’histoire naturelle de Paris, son propriétaire. Elle n’est pas repartie depuis, au prix d’une autorisation renouvelée tous les trois ans et à la condition du respect d’un cahier des charges strict.

Le directeur scientifique de la Cité du volcan, Patrice Huet, lors de la conférence qu'il avait animé à Sainte-Rose.

Un "fragment de corps céleste"

Raison pour laquelle, c’est sans son joyau venu de l’espace, un "fragment de corps céleste" comme le définit joliment le dictionnaire, que le directeur scientifique de la Cité du volcan, Patrice Huet, avait fait le déplacement jusqu’à Sainte-Rose il y a quelques mois à l’occasion de la première journée nationale de la géologie organisée par l’Académie des laves et la mairie.

Signe que le sujet passionne, la salle était pleine à l’heure d’une conférence de ce dernier dédiée à la météorite. Des passionnés du volcan et de l’espace, mais aussi des familles venues découvrir les secrets de ce gros caillou venu des confins du système solaire et que l'on peut observer sous toutes sous coutures, en 3D, sur le site du muséum d'histoire naturelle de Paris.

À l’origine, un bolide, une étoile filante plus lumineuse que Vénus (on parle de météorite une fois qu’elle est tombée au sol), retrouvée en contrebas du gîte du volcan, dans le fond de la rivière de l’Est en juin 1983 par le géologue Patrick Bachèlery, plus précisément dans "La Savane Cimetière", lieu qui constitue "les premières sources de la Rivière de l'Est".

En ramassant des échantillons

Alors à la Réunion depuis deux ans, ce dernier arpentait le secteur pour réaliser une carte géologique. En parcourant le terrain, il ramasse des échantillons pour identifier la nature des roches. L’une d’elles se révèle plus lourde que les autres (car riche en fer). Intrigué, il la met de côté. Le soir, il la casse avec son marteau sur un côté et voit apparaître des structures caractéristiques d’une météorite, raconte le directeur scientifique de la Cité du volcan.

Le géologue l’envoie pour analyse au Muséum national d’histoire naturelle qui estimera la date de sa chute vers 1840 grâce aux traces d’oxydation : « La météorite a été longuement étudiée. C'est un fossile du système solaire primitif. C'est surtout désormais un objet pour l’éducation », avait déclaré de belle manière son inventeur (le nom officiel donné à l'auteur d'une découverte), Patrick Bachèlery, lors du retour de la météorite à La Réunion.

Patrick Bachèlery, l'inventeur de la météorite, contemple la vitrine qui l'accueille à la Cité du volcan depuis le mois de mai 2018 (photo F.M-A).

Au coeur de la rivière de l'Est

Une découverte unique jusqu’à présent dans l’île sur laquelle le spécialiste du volcan et chargé de mission à la mairie de Sainte-Rose, Alain Bertil, reviendra et nous fera découvrir de façon inédite lors de la prochaine édition des Jours de feu, une manifestation qui permet de plonger dans le monde du volcanisme réunionnais sous toutes ses formes.

Le passionné présentera notamment un documentaire sur la rivière de l’Est, fruit d’une expédition menée avec des spécialistes dans plusieurs domaines, dans lequel il nous fera revivre l’arrivée puis la découverte de la météorite via des images de synthèse. On n’en dira pas plus pour le moment.

En attendant, chacun est invité à participer à un concours photographique et vidéo ouvert à tous avec comme thème “Volcans sans éruption” et deux chèques de 500 euros à la clé.

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Une vieille dame de 4,4 milliards d’années

La météorite de Sainte-Rose (elle prend le nom de l’endroit où elle a été trouvée) est une chondrite ordinaire. Il s’agit d’une météorite pierreuse d’olivine-bronzite, riche en fer. Son âge est estimé à 4,4 milliards d’années. Les météorites dites “chondrites” doivent leur nom à l’existence de petites billes minérales qui n’existent pas dans les roches terrestres : les chondres.

Qu’est-ce qu’une météorite ?

Appelées également “météorites primitives”, les chondrites proviennent de corps du système solaire formés tardivement. Elles représentent 86 % des météorites et contiennent des roches qui font partie des plus anciennes du système solaire, car celles-ci ont échappé à la fusion ainsi qu’à la différenciation et n’ont donc quasiment pas évolué depuis leur création.

Quelle est sa valeur ?

Interrogé sur la valeur sonnante et trébuchante de la météorite, Patrice Huet voit d’abord une valeur « scientifique » dans le morceau de roche tombé de l’espace. Elle n’aurait pas vraiment de valeur marchande. Lors de son transfert dans l’île, l’assurance l’avait estimée à mille euros. Reste une valeur patrimoniale qui n’a elle pas de prix, la météorite étant la seule connue à avoir été découverte dans l’île. Raison pour laquelle sa place est dans un musée. Ça tombe bien, Sainte-Rose ambitionne d’en ouvrir un.

Etiquettes : espace | Sainte-Rose | Volcan

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