Jeux des Îles à Madagascar : Le bilan

Bousculade mortelle
Vendredi 25 août. 16 heures. Quatre heures après l'ouverture du stade Mahamasina, près de 50.000 personnes ont pris place dans le stade pour la cérémonie d'ouverture.. À l'extérieur, plusieurs milliers de personnes se voient interdire l'accès à l'enceinte. Certains sont déjà compressés contre les grilles.
Pour une raison encore inconnue dix jours après, un des portails d'accès est entrouvert. Certains tentent de forcer le passage.
La bousculade vire au drame. Bilan : 13 morts, plus de 100 blessés. Il ne sera jamais actualisé. Le premier ministre se déplace le soir même à l'hôpital. Et après ? Plus rien.
Le drame a été évoqué du bout des lèvres lors du discours d'inauguration du président Andry Rajoelina. Un semblant de minute de silence a été initié sans véritablement être respecté.
La plupart des athlètes réunionnais n'ont appris le terrible accident qu'après avoir quitté le stade.
Cette onzième édition ne pouvait pas plus mal démarrer. Fallait-il maintenir ces Jeux après le drame ? Certains se sont interrogés. A Tana, la question ne s'est jamais posée. Tout le monde a très vite, tourné la page. Trop vite.
Les polémiques
Ce n'est pas une nouveauté, depuis 1979, chaque Jeux des Îles à été marqué par toute sorte de polémique. La onzième édition n'a pas échappé à la règle.
Des "traditionnelles" erreurs d'arbitrage ont fait couler quelques larmes. Pauline Payet au tennis, sur la balle de match de son adversaire. Les footballeurs, victimes d'un penalty imaginaire en finale. Pour ne citer qu'eux.
Imaginaires également, des combattants de taekwondo. Inscrits en tant qu'athlètes réunionnais, mais inconnus au bataillon. Favorisant une médaille d'or pour un malgaches n'ayant pas combattu. Lunaire.
Madagascar loin devant au classement
Lors de la cérémonie de clôture, des drones se sont élevés dans le ciel au dessus de Mahamasina. Ils dessinent dans le ciel deux doigts en forme de V, et juste au dessus, on peut lire : VICTOIRE.
Tout était anticipé, tout autre résultat qu'une première place au classement aurait été vécu comme un immense échec sur la Grande Île. Les Malgaches remportent 121 médailles d'or. Record des Jeux. Maurice compte trente médailles de retard (91). La Réunion se classe troisième (80). Peut mieux faire.
Alizée Morel reçue 10/10
Sur ces 80 médailles, 10 appartiennent à Alizée Morel. La nageuse réunionnaise, porte drapeau de la délégation n'a pas failli à sa mission.
Engagée dans 10 épreuves, elle a gagné à chaque fois. Devenant au passage l'athlète la plus titrée des Jeux depuis 1979, tous sports confondus, toutes îles confondues. Brillant.
Déceptions en sports co
Les finales Madagascar - La Réunion en sport collectif se comptent sur les doigts des deux mains. Football, rugby à 7 (hommes/femmes), basket (hommes / femmes), handball, volley (hommes). Cinq fois, elles ont tournées à l'avantage des Malagasy. Bilan très mitigé donc pour les Réunionnais. Qui à chaque finale étaient seuls contre tous.
Les volleyeurs ont surpris tout le monde avec une magnifique remontada en finale. Renversant.
La ferveur de Tananarive
Dès l'arrivée à l'aéroport d'Ivato, on est plongé dans le bain. La mascotte des Jeux est peinte sur les avions de Madagascar Airlines. Des drapeaux tout le long des 15 kilomètres de route qui mènent à la capitale. La chanson des Jeux en boucle à la radio et à la télévision. Dans leur très vieilles 4L, le sujet de conversation favori des chauffeurs de taxi, c'est les derniers résultats des Barea.
Et dès qu'il y a un match à enjeu, des stades combles, et une ambiance assourdissante. "Hi, hihihihi" "Ha, hahahah" "Hi ha" "Hi ha" les cris des supporters ne sont pas prêts de sortir de la tête des visiteurs.
Les Malgaches l'ont encore prouvé, ce sont des passionnés. Médailles d'or de la plus belle ambiance. Rien à voir avec les ambiances ternes dans les stades lors des Jeux de La Réunion en 2015. Inégalables.
Et maintenant ?
Quatre ans à patienter pour les athlètes avant de défendre la suprématie de leurs îles. La prochaine édition à été attribuée aux Comores, en 2027.
L'île - qui a l'heure actuelle ne dispose ni d'une piscine olympique, ni de gymnase aux normes, ni de capacité hôtelière suffisante pour accueillir les 4000 membres de la délégation - compte bien relever le défi.
Dans le dossier présenté aux autres membres du COJI, tout est prévu. Même la mise à quai d'un paquebot pendant la compétition pour héberger tout le monde si les hôtels ne voyaient pas le jour. À voir.


