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Infertilité : “Ce n'est pas la quantité qui compte mais la qualité”

Le président de La République avait annoncé un “grand plan” contre l'infertilité qui gagne du terrain. “La médecine va pallier des problèmes, mais ne va pas tout résoudre”, rappellent cependant les professionnels de santé. Sixième volet de notre nouveau dossier consacré à la natalité à lire sur Zinfos974.
Ecrit par Prisca Bigot – le jeudi 7 novembre 2024 à 16H17

Chaque année, environ 1.500 tentatives de fécondation in vitro sont réalisées à La Réunion. Même si les Réunionnais continuent à faire des enfants tôt, l'infertilité augmente dans notre département comme dans le reste du monde. Deux centres de procréation médicalement assistée sont implantés dans l'île.

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Selon le Docteur Nathalie Fontaine, gynécologue du centre de Saint-Pierre, 1 couple sur 5 rencontre ainsi des soucis d'infertilité. Tabac, Alcool, pesticide, perturbateurs endocriniens, infections, maladies génétiques et autres causes médicales... les causes de l'infertilité sont multifactorielles.

 

En moyenne chaque année, 200 à 300 personnes poussent ainsi les portes du centre du CHU de Saint-Pierre pour bénéficier d'un don de sperme. La moitié d'entre elles sont des couples de femmes et l'autre moitié des femmes seules, précise le Dr Joffrey Mons, biologiste au centre de PMA du CHU sud. Elle est possible pour les femmes de 29 à 37 ans et de 29 à 45 ans pour les hommes. Dans le cadre de cette loi, le réchauffement des ovocytes peut se faire jusqu'43ᵉ anniversaire de la femme.

Depuis la loi bioéthique de 2021, le critère médical d'infertilité, qui conditionnait l'accès à la PMA, a en effet été supprimé. Le projet parental est ainsi ouvert aux couples de femmes comme aux femmes non mariées, mais peut aussi être repoussé grâce à l'autoconservation des gamètes et plus particulièrement des ovocytes. Elle est possible pour les femmes de 29 à 37 ans et de 29 à 45 ans pour les hommes. Dans le cadre de cette loi, la fécondation in vitro peut se faire jusqu'au 43e anniversaire de la femme et le réchauffement des ovocytes peut se faire jusqu'45ᵉ anniversaire de la femme.

“C'est une bonne chose”, relève le Dr Joffrey Mons du centre de PMA du CHU Sud. D'autant que les techniques médicales ne cessent de progresser. En revanche, “la médecine va palier à des problèmes mais ne peut pas tout”, rappelle le biologiste. Nous le savons, l'âge a des effets sur la quantité et la qualité des ovules et des spermatozoïdes. Des effets bien plus destructeurs pour les femmes que pour les hommes...Pour certaines femmes ou couples, la PMA restera sans succès (10% sont concernés malheureusement).

 

10 à 20 donneurs de sperme par an

“Plus précisément, à 20 ans, les femmes ont 25% de chances par cycle de tomber enceinte. À 30 ans, ce chiffre baisse à 12% et à 40 ans, il n'est plus que de 5 à 6 %”, rappelle le docteur Mons. Le conseil à donner si on a un projet d'enfant, serait donc de ne pas venir trop tard, à l'âge de 35 ans environ. Car la technique de congélation de ces ovules ne garantit pas 100% de chance de grossesse. Il faut en moyenne 15 à 20 ovocytes congelés pour avoir de réelles chances de grossesse, mais ce n'est pas du 100% car la qualité des ovocytes entre en jeu.

La disparité entre l'offre et la demande doit également être prise en compte quand on se lance dans un parcours de PMA. Il faut aujourd'hui attendre 2 à 3 ans pour bénéficier d'un don de sperme à La Réunion avec en moyenne 10 à 20 donneurs par an. Le nombre d'enfants issus d'un même donneur de spermatozoïdes étant limité à 10.

Pour rappel, la nouvelle loi de bioéthique de 2021 permet aux personnes issues d'un don, à leur majorité, d'accéder à l'identité du donneur sans toutefois possibilité de filiation.

Environ 4.000 euros pour une FIV

Pour autant, la proposition du président Macron de réaliser un “check-up fertilité à 20 ans” à tous et remboursé par l’Assurance maladie n'est pas la panacée pour ces professionnels de santé. “Cela peut créer des inquiétudes. À 20 ans, même si il y a des difficultés, les chances sont encore grandes d'avoir un enfant”, fait remarquer le Dr Mons. “Ce n'est pas la quantité qui compte mais la qualité”, précise par ailleurs le Dr Fontaine. “Cela pourrait avoir pour effet un afflux de demandes inappropriées, des délais de prises en charge rallongés alors que finalement 10% des ovocytes sont finalement utilisés par les femmes qui les ont congelés”, fait valoir la gynécologue. Si en France, la PMA est prise en charge par la Sécurité sociale, elle reste néanmoins couteuse pour le système de santé : aux alentours de 4.000 euros pour une FIV et 3.000 euros pour la congélation des ovocytes.

Les professionnels de santé plaident davantage pour une campagne d'informations ciblée sur les jeunes femmes de 30 ans. “Beaucoup de choses peuvent interférer dans une PMA. Le parcours peut être source de faux espoirs. Un accompagnement psychologique est d'ailleurs obligatoire dans tous les parcours de la PMA”. Partir seule ou accompagnée, pour le docteur Nathalie Fontaine, il ne faut dans tous les cas ne pas négliger “l'importance de l'entourage”.

 

 

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