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Pour élever un enfant, “il lui faut son espace”... à condition de le trouver

Donner la vie renvoie à de nombreuses réalités, qu'elles soient sociétales, économiques, environnementales ou liées à l'épanouissement personnel. L'arrivée d'un enfant implique aussi d'avoir l'espace pour l'accueillir. Quatrième volet de notre nouveau dossier consacré à la natalité à lire sur Zinfos974.
Ecrit par Prisca Bigot – le mercredi 6 novembre 2024 à 16H22
@Pixabay

À la naissance de votre enfant, ce petit bout de chou que vous avez envie de garder tout le temps près de vous, prend certes très peu de place, mais rapidement, bébé aura besoin de son espace pour évoluer dans les meilleures conditions.

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Un paramètre financier à prendre en compte quand on décide de faire un enfant en pleine crise du logement. Ainsi, difficile de se projeter, de créer ou agrandir une famille lorsque l'on n'est pas assuré d'avoir un toit au-dessus de la tête et que les perspectives sont pessimistes.

En 2023, selon l'Observatoire des loyers privés à La Réunion, le loyer médian s'élevait à 10,70 euros le m2 alors qu'il s'établissait à 9.95 euros/m2 en 2014. Fort heureusement pour les familles, plus la surface est petite plus le loyer est cher. Toujours selon les chiffres de l'Observatoire, il faut compter en 2023, 10.50 euros pour un T3, 9.50 euros pour un T4 et 8.90 pour un T5 et +. Des prix qui varient évidemment en fonction de la localisation du logement.

Reste que près de 4 familles sur 10 (couple avec enfants) n’ont pas les revenus suffisants pour louer un T4 dans le parc privé à La Réunion.

“Cette crise du logement est considérable et touche des familles avec ou sans revenus”, alerte depuis de nombreuses années Jean-Michel Saigainy président de la Confédération Nationale du Logement. “Pour accueillir un enfant, il faut vivre dignement. Il lui faut un espace pour évoluer, pour étudier...”, pointe le militant. Sans espace, le risque est la suroccupation du logement. Selon le dernier rapport de la Fondation l'Abbé Pierre, près de 34.000 personnes vivent en situation de surpeuplement dit « accentué », c’est-à-dire qu’il leur manque deux pièces par rapport à la norme de peuplement. Une situation d'autant plus vraie quand ces personnes résident dans un logement social.

 

Prêt immobilier : un reste à vivre d’au moins 700 euros

 

“Il y a tous ces jeunes couples qui se retrouvent avec un enfant et sans logement. Alors, ils sont obligés de rester dans la famille, d'où la suroccupation du logement mais aussi les conséquences que cela peut avoir comme les violences intrafamiliales”, explique Michel Saigainy qui rappelle le coût du loyer sur le budget des ménages. Alors pour le président de la CNL “relancer la natalité, c'est bien, mais il ne faut pas mettre la charrue avant les bœufs”.

Faire coïncider achat immobilier et arrivée d'un enfant relève dans ce contexte d'autant plus de la gageure. Pour certains ménages, la pandémie puis l'inflation ont fait s'envoler à jamais leur rêve de devenir propriétaire. Les taux d'intérêt des crédits immobiliers ont ainsi flambé ces dernières années tout comme les prix des terrains, appartements ou maisons à vendre.

Pour être éligible à un prêt immobilier, les banques vont évaluer la situation professionnelle et les revenus du ou des emprunteur(s), la composition de son foyer, sa gestion financière ou encore le montant ses charges ; l'objectif étant de garantir le paiement des mensualités du futur prêt. L'arrivée d'un enfant impacte ainsi moins le taux d'endettement qui prend en compte les charges fixes que le reste à vivre, c'est-à-dire la somme qu'il reste une fois la mensualité de crédit immobilier prélevée. Selon des experts en crédits et assurances, les banques considèrent que pour pouvoir s’acquitter de toutes ses dépenses mensuelles, un emprunteur doit disposer d’un reste à vivre d’au moins 700 euros auquel il faut ajouter en moyenne 400 euros par enfant.

 

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