Harcèlement moral et licenciement : le député RN Joseph Rivière aux Prud’hommes face à son ex-collaboratrice

Ancienne attachée parlementaire du député Rassemblement national Joseph Rivière, Murielle Martin conteste son licenciement devant les Prud’hommes. Elle dénonce un harcèlement moral et un licenciement abusif. L’audience s’est tenue ce vendredi 21 août. La décision sera rendue le 12 septembre.
Le conflit entre Joseph Rivière et son ancienne attachée parlementaire s’est poursuivi ce vendredi devant les Prud’hommes. Murielle Martin, qui a travaillé aux côtés du député RN de la 3e circonscription, demande la reconnaissance d’un harcèlement moral et conteste les conditions de son licenciement.
La rupture est intervenue au début de l’année 2025. Selon les éléments évoqués à l’audience, Murielle Martin a reçu le 17 janvier une convocation à un entretien préalable, organisé le 29 janvier. Elle a ensuite été licenciée le 30 janvier. Son avocate, Me Laetitia Chassevent, soutient que le délai légal de deux jours ouvrables entre l’entretien et la notification de la décision n’aurait pas été respecté.
La défense de l’ancienne salariée a également mis en avant plusieurs éléments pour caractériser une dégradation de ses conditions de travail. Elle évoque des sollicitations en soirée, le week-end, et même un message envoyé à 3h du matin. Murielle Martin aurait aussi été mise à l’écart au profit de son collègue et n’aurait pas toujours disposé des moyens nécessaires pour travailler, et devait travailler dans la cuisine. Faute de badge pour accéder au local, elle devait parfois travailler dans la boulangerie d'à côté.
Me Laetitia Chassevent a également dénoncé l’absence d’inscription à la médecine du travail, le non-respect de temps de repos et une situation financière très dégradée après la rupture du contrat. Selon elle, les arrêts maladie de sa cliente n’auraient pas été transmis à la Sécurité sociale. Elle affirme aussi que le licenciement a été évoqué publiquement sur les réseaux sociaux, ce qui aurait porté atteinte à la réputation de Murielle Martin.
Des accusations contestées par la défense
Du côté de Joseph Rivière, absent à l’audience, son avocate Lydie Delmotte conteste cette lecture. Elle affirme que les griefs reprochés à l’ancienne salariée sont “existants”, “présents” et “avérés”, pièces à l’appui. Elle reconnaît toutefois que le député “regrette” la situation, rappelant que Murielle Martin avait été une personne de confiance, en étant notamment sa directrice de campagne.
Concernant les messages tardifs, l’avocate du député les replace dans le contexte d’un début de mandat intense et du décalage horaire entre Paris et La Réunion. Selon elle, ces envois ne nécessitaient pas une réponse immédiate.
La défense de Joseph Rivière évoque aussi une dégradation progressive de la relation, liée notamment à une animosité entre Murielle Martin et un autre assistant parlementaire. “La confiance a disparu”, résume l’avocate.
“C’est vraiment que de l’humain”
À la sortie de l’audience, Murielle Martin s’est dite très émue. “C’est quelque chose qui a été très dur à traverser”, confie-t-elle. Elle refuse que le dossier soit récupéré politiquement. “C’est pas du tout un dossier politique comme on a voulu essayer de le faire croire. C’est vraiment que de l’humain.”
Elle explique avoir vécu trois mois sans salaire après sa mise à pied, la mettant dans une situation personnelle très difficile. “Je suis une femme seule. Je n’ai pas de soutien. Il a fallu faire face à tout toute seule”, témoigne-t-elle.
Murielle Martin dit aussi avoir été marquée par l’absence du député à l’audience. “J’aurais aimé pouvoir échanger avec lui. J’aurais aimé quelque part pacifier la chose”, explique-t-elle, tout en affirmant ne pas avoir “d’amertume” ni de volonté de “l’accabler”.
La décision du conseil de prud’hommes sera rendue le 12 septembre.


