CCAS de Saint-André : Joé Bédier renvoie l'opposition à son passé et interpelle le Département

En réponse aux critiques de l'opposition après l'avis rendu par la Chambre régionale des comptes sur les finances du CCAS de Saint-André, Joé Bédier défend l'action de sa municipalité. Le maire met en avant des "anomalies comptables" remontant à plusieurs décennies, rappelle la baisse des financements extérieurs et appelle de nouveau le Département à assumer ses responsabilités.
La municipalité de Saint-André réagit à son tour à l'avis rendu le 2 octobre par la Chambre régionale des comptes (CRC) sur la situation financière du centre communal d'action sociale (CCAS). Dans un communiqué, Joé Bédier, maire de Saint-André et président du CCAS, affirme que la Ville assume ses responsabilités et poursuit l'assainissement des comptes de l'établissement.
La municipalité rappelle avoir voté, le 30 septembre, une contribution complémentaire de 2,1 millions d'euros, portant son engagement financier à 5 millions d'euros pour 2026. Selon elle, cette décision permet de réduire "considérablement le déséquilibre budgétaire" et s'inscrit dans une "démarche de régularisation conforme aux préconisations de la CRC".
"Mais derrière les écritures comptables, il y a avant tout un service public social qui fonctionne, des agents mobilisés et des Saint-Andréens accompagnés au quotidien", met en avant la mairie.
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Des anomalies qui remontent à plusieurs décennies
Dans sa réponse, Joé Bédier insiste sur l'ancienneté de certaines anomalies relevées par les magistrats financiers.
L'avis de la CRC fait notamment état de plus de 282 000 euros de prêts anciens non recouvrés, antérieurs à 2009, de 382 000 euros de créances présentant un risque de non-recouvrement et d'une écriture comptable de plus d'un million d'euros, antérieure à 2007, qui doit être régularisée.
La municipalité évoque également des écritures remontant jusqu'à 1989. "Ces chiffres démontrent clairement que la situation financière du CCAS ne peut être analysée à travers le seul exercice budgétaire actuel", affirme-t-elle.
Pour Joé Bédier, la mandature actuelle doit ainsi engager un travail de clarification et de régularisation d'écritures héritées de plusieurs décennies de gestion.
Le Département appelé à assumer ses responsabilités
La municipalité revient également sur la diminution des financements extérieurs du CCAS, relevée dans l'avis de la CRC.
Hors contribution communale, les dotations et participations sont passées de 1,85 million d'euros en 2024 à 915 000 euros prévus en 2026.
"Dans un contexte où les besoins sociaux augmentent, il n'est pas acceptable que les communes soient systématiquement appelées à compenser le désengagement financier de partenaires institutionnels, notamment lorsque certaines missions relèvent de leurs compétences", déclare la Ville.
Joé Bédier estime que les CCAS ne doivent pas devenir les variables d'ajustement des politiques sociales relevant d'autres institutions. "La solidarité doit rester une responsabilité partagée. Elle ne peut reposer toujours davantage sur les seules finances communales", insiste-t-il.
La municipalité annonce vouloir poursuivre les réorganisations nécessaires pour recentrer le CCAS sur ses missions propres, tout en demandant à ses partenaires institutionnels, notamment au Département, d'assumer leurs compétences et leurs engagements financiers.
Joé Bédier répond aux critiques de l'opposition
Le communiqué constitue également une réponse aux critiques formulées par Laurent Virapoullé, conseiller municipal d'opposition, après la publication de l'avis de la CRC.
"La municipalité regrette que les représentants de l'opposition préfèrent entretenir un climat de défiance plutôt que de contribuer à la recherche de solutions concrètes", rétorque la mairie.
Joé Bédier souligne que "certains élus de l'opposition" siègent également au Département, dont il rappelle les responsabilités en matière de solidarité.
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Le maire revient aussi sur le passé politique de Saint-André : "Les écritures anciennes relevées par la CRC, notamment celles antérieures à 2007 et à 2009, méritent donc d'être examinées avec la même exigence de transparence que la gestion actuelle", estime-t-il.
Le communiqué dénonce également la "recherche permanente de polémiques par certains membres d'un même clan familial". "Leur priorité est-elle réellement le bon fonctionnement du CCAS et l'intérêt des Saint-Andréens, ou la poursuite d'un affrontement politique permanent ?", interroge la municipalité.
La mairie entend poursuivre le "redressement" du CCAS
Joé Bédier réaffirme par ailleurs sa volonté de préserver les missions sociales de l'établissement, notamment l'accueil de jour, les centres sociaux, l'EHPAD, les aides facultatives, le service autonomie à domicile et les soins infirmiers à domicile.
La municipalité met en avant les actions organisées dans le cadre de la Semaine bleue pour illustrer la mobilisation des équipes auprès des personnes âgées. "Notre priorité est claire : concentrer les moyens du CCAS sur ses missions essentielles et les besoins réels de la population", affirme-t-elle.
Alors que la CRC a fixé une trajectoire de redressement sur les exercices 2026 et 2027, Joé Bédier assure que la Ville et le CCAS poursuivront les mesures correctives nécessaires.
"Notre engagement est clair : un CCAS financièrement assaini, des missions sociales préservées et un service public de proximité pleinement mobilisé au service des Saint-Andréens", conclut le maire.


