Revenir à la rubrique : Social

Grève à la CISE Réunion : les salariés réclament des décisions prises localement et une prime de vie chère

Ecrit par P.M. – le vendredi 9 octobre 2026 à 14H16
Un piquet de grève est organisé au siège de la Cise Réunion, à Saint-Denis (photo D.R).

En grève depuis mercredi 7 octobre, les salariés de la CISE Réunion dénoncent une "dégradation des conditions de travail" et des licenciements. Ils réclament des décisions prises localement ainsi qu’une prime de vie chère, qui serait pour l’heure réservée aux salariés détachés selon les syndicats. L’intersyndicale affirme qu'une grande majorité du personnel suit le mouvement.

La CISE Réunion n’avait pas connu de mouvement social depuis 2021. Depuis mercredi, les salariés sont en grève à l’appel d’une intersyndicale réunissant la CGTR, la CFDT, FO et la CFE-CGC. Les syndicats revendiquent un taux de participation de 90 %, dans une entreprise qui compte, selon eux, 260 salariés.

Au cœur des revendications : une “dégradation des conditions de travail et un climat social tendu” avec la direction. Les représentants du personnel dénoncent notamment l’organisation du groupe. Si les contrats de gestion des réseaux d’eau sont conclus localement avec les intercommunalités de l’île, certains responsables de service sont rattachés à une hiérarchie nationale.

Pour Nicolas Balmine, délégué syndical CGTR, ce fonctionnement éloigne les décisions du terrain. Il dénonce un pilotage "à 11.000 kilomètres de La Réunion", qui ne tiendrait pas suffisamment compte des spécificités locales ni de l’ancienneté des salariés.

Des licenciements contestés

Des procédures de licenciement alimentent aussi la colère. Selon l’intersyndicale, un licenciement a déjà été acté et deux autres sont en cours à La Réunion. Quatre sont également évoqués aux Antilles.

Les syndicats contestent les motifs avancés à l’encontre de salariés en CDI, dont certains comptent dix-huit à vingt ans d’ancienneté. Ils dénoncent des appréciations du travail portées à distance et des décisions annoncées par courrier.

Les grévistes réclament davantage d’autonomie locale et une révision du rattachement hiérarchique. Ils estiment que la "dimension humaine n’est plus suffisamment prise en compte dans les décisions".

Une revendication sur la vie chère

Le mouvement comporte également un volet financier. L’intersyndicale dénonce une différence de traitement dans l’attribution d’une prime de vie chère. Selon elle, cette prime est versée uniquement à certains salariés détachés, venus notamment de l’Hexagone ou d’Espagne, "mais pas aux salariés recrutés localement, qui subissent eux aussi le coût de la vie à La Réunion".

“Nou lé pas plus, nou lé pas moins”, résume le délégué syndicat de la CGTR.

Une rencontre prévue ce vendredi matin avec la direction pour engager une première négociation n’a finalement pas eu lieu. Si le mouvement se prolonge, les syndicats préviennent que des perturbations pourraient affecter le fonctionnement des réseaux, notamment en cas de panne ou d’intervention à réaliser.

Etiquettes : CISE | Grève | PU1

Dans la même rubrique

0💬
Tri :