Mobilisation des lycéens : Evelyne Corbière Naminzo dénonce les inégalités scolaires dans les Outre-mer

Alors que le mouvement lycéen s’étend dans toute la France, la sénatrice de La Réunion Evelyne Corbière Naminzo apporte son soutien aux revendications des jeunes. Elle alerte sur les difficultés persistantes de l’école dans les territoires ultramarins et dénonce des inégalités d’accès à l’éducation.
Parti du lycée Saint-Exupéry de Créteil, le mouvement lycéen a pris une ampleur nationale. Manque d’enseignants, classes surchargées, bâtiments dégradés, emplois du temps inadaptés ou encore inquiétudes liées à Parcoursup : les revendications témoignent d’un malaise partagé par les élèves, les familles et les personnels de l’Éducation nationale.
Dans un communiqué, Evelyne Corbière Naminzo estime que les incidents survenus en marge des manifestations ne doivent pas détourner l’attention de l’essentiel. "Ils ne doivent pas éloigner le débat public du sujet principal : les conditions d’apprentissage", souligne-t-elle, jugeant les revendications des lycéens "à la hauteur de leur mobilisation – et de leurs besoins".
À La Réunion, des classes surchargées
La Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE) soutient également le mouvement sur l’île et dénonce l’absence de professeurs ainsi que des emplois du temps surchargés. Les contraintes de transport et le manque d’établissements de proximité aggravent les difficultés des élèves, contraints de se lever tôt pour rejoindre leur lycée.
Les chiffres illustrent ces inégalités territoriales. Dans le second degré, les classes réunionnaises comptent en moyenne 25,1 élèves, contre 21,5 au niveau national. En 2023, le taux de décrochage scolaire atteignait 11,9 % à La Réunion, contre 10,4 % à l’échelle nationale, et 19,6 % en Guyane.
Parcoursup, un obstacle supplémentaire
Pour la sénatrice, les difficultés se prolongent dans l’accès aux études supérieures. Elle pointe les capacités d’accueil limitées des universités ultramarines, le coût des formations et les incertitudes liées à Parcoursup. En 2026, 163.372 candidats ont terminé la phase principale d’admission sans proposition, selon les chiffres cités dans son communiqué.
"Pour de nombreuses familles réunionnaises, le coût des études et des formations devient un obstacle supplémentaire, très vite insurmontable", alerte-t-elle. L’orientation constitue également une source d’anxiété pour de nombreux lycéens, dans un contexte où les inégalités sociales et territoriales pèsent sur les parcours scolaires.
"Leur colère est juste"
Rappelant que la Constitution garantit l’égal accès à l’instruction et à la formation, Evelyne Corbière Naminzo juge les revendications des jeunes "légitimes" et leur colère "juste".
Elle dénonce un État qui s’entête, selon elle, à "piétiner les valeurs et les principes de la République" par l’austérité budgétaire et la répression des mobilisations.
Pour l’élue réunionnaise, l’urgence est désormais de répondre aux difficultés exprimées par la communauté éducative et de garantir une réelle égalité des chances, quel que soit le territoire où les jeunes grandissent et étudient.


