CCAS de Saint-André : Laurent Virapoullé réclame des comptes et s'interroge sur les dépenses avant les municipales

Après la publication de l'avis de la chambre régionale des comptes sur la situation financière du CCAS de Saint-André, Laurent Virapoullé demande des explications au maire Joé Bédier. Le conseiller municipal d'opposition s'interroge notamment sur les dépenses de personnel engagées avant les élections municipales et sur les conséquences pour les finances communales d'un soutien financier qui pourrait rester très important en 2027.
L'avis rendu ce 2 octobre par la chambre régionale des comptes (CRC) sur les finances du centre communal d'action sociale (CCAS) de Saint-André continue de susciter des réactions. Après les conclusions des magistrats financiers, Laurent Virapoullé monte au créneau. Dans un communiqué, le conseiller municipal d'opposition estime que la CRC confirme les alertes qu'il avait précédemment lancées et réclame des explications publiques au maire Joé Bédier, également président du CCAS.
Au cœur de ses critiques, la sous-évaluation des dépenses de personnel dans le budget 2026. La CRC a relevé que le CCAS avait inscrit 3,72 millions d'euros pour les rémunérations, contre 5,70 millions dépensés en 2025, soit une baisse de 34,8 %, alors que les effectifs et les missions avaient peu évolué.
Au 4 septembre, 98,6 % des crédits annuels étaient déjà consommés. La chambre estime nécessaire d'augmenter cette enveloppe de plus de 1,56 million d'euros et considère que les prévisions n'ont pas été établies "de manière sincère sur le plan budgétaire".
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Des interrogations sur les dépenses avant les municipales
Pour Laurent Virapoullé, ces constats appellent des réponses précises de la municipalité. "Comment un budget aussi éloigné des besoins réels a-t-il pu être présenté et voté ? Qui a validé ces prévisions et sur quelles justifications ?", interroge-t-il.
Mais l'opposant va plus loin en demandant que soient examinées les dépenses du CCAS dans les mois précédant les élections municipales de mars dernier.
"Nous demandons également que toute la lumière soit faite sur l'évolution des recrutements, des rémunérations et des dépenses du CCAS dans la période précédant les élections municipales. Des dépenses ont-elles été engagées à des fins électorales ?"
Une interrogation politique qui ne constitue pas une conclusion de la CRC. Dans son avis, la chambre relève des anomalies dans les prévisions budgétaires, mais ne fait état d'aucune utilisation des moyens du CCAS à des fins électorales.
La rallonge de 2,1 millions d'euros questionnée
Laurent Virapoullé revient également sur la subvention supplémentaire de 2,1 millions d'euros votée par le conseil municipal le 30 septembre, portant la participation de la commune au CCAS à 5 millions d'euros pour 2026.
Une rallonge que la CRC a bien intégrée à ses calculs, mais qui ne permet pas de rétablir totalement l'équilibre. Après prise en compte de cette aide, le déficit prévisionnel global demeure évalué à 391 708 euros.
L'opposant s'inquiète des répercussions de cet effort financier sur les autres politiques municipales. "Comment est-elle financée ? Quels investissements ou services devront être réduits ou reportés ? Quelles conséquences pour les contribuables ?", demande-t-il.
Il réitère également ses interrogations sur la sincérité du budget communal, tout en reconnaissant que l'avis de la CRC, qui porte uniquement sur le CCAS, ne permet pas de conclure à une insincérité des comptes de la ville.
Le Département ne peut pas tout expliquer, selon l'opposant
Autre point soulevé par Laurent Virapoullé : le différend financier qui oppose la municipalité au Département. La mairie réclame plus de 2,5 millions d'euros à la collectivité départementale, qu'elle accuse de ne pas avoir honoré certains engagements financiers.
Pour le conseiller d'opposition, ce contentieux ne saurait expliquer à lui seul les difficultés mises en évidence par les magistrats financiers.
"À aucun moment cet avis ne constate que le Département aurait manqué à ses engagements", souligne-t-il.
La CRC relève effectivement une diminution des dotations autres que la subvention municipale, mais ne se prononce pas sur le bien-fondé des sommes réclamées par la mairie au Département.
Laurent Virapoullé insiste en revanche sur les dépenses sous-évaluées et les recettes insuffisamment justifiées, notamment les financements espérés dans le cadre d'appels à projets dont les dossiers n'avaient pas été complétés dans les délais.
Des inquiétudes pour les bénéficiaires et les agents
Au-delà des questions budgétaires, l'élu d'opposition s'alarme des conséquences sociales du plan de redressement envisagé sur deux exercices.
Pour 2027, le CCAS prévoit notamment la fermeture des maisons d'accueil familial et la fin du recours aux contrats aidés, deux mesures dont les économies nettes sont évaluées à 532 129 euros. Malgré cela, la CRC estime qu'une participation municipale d'environ 4,06 millions d'euros pourrait encore être nécessaire pour retrouver l'équilibre.
"Quelles solutions seront proposées aux bénéficiaires ? Comment la continuité de leur accompagnement sera-t-elle assurée ? Quelles conséquences humaines auront les réductions envisagées ?", interroge Laurent Virapoullé.
Alors que le budget du CCAS fera l'objet d'un suivi de la chambre en 2027, le conseiller municipal réclame la présentation publique d'un plan de redressement chiffré, précisant ses conséquences sur les finances communales et les garanties apportées aux agents comme aux bénéficiaires.
"Les Saint-Andréens les plus fragiles ne doivent pas subir les conséquences de prévisions budgétaires irréalistes", conclut-il.


