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Guerre de la volaille : l’administrateur judiciaire dépose un recours

Suite à la décision judiciaire du juge-commissaire du tribunal de commerce de Saint-Denis de rejeter la requête de l'Urcoopa visant à annuler le protocole de 2017, l’administrateur judiciaire a décidé de déposer un recours. La bataille judiciaire avec le groupe Duchemann et Grondin est loin d’être terminée.
Ecrit par Julien Delarue – le mardi 19 novembre 2024 à 11H00

Cette décision était attendue. Jeudi dernier, le juge-commissaire du tribunal de commerce de Saint-Denis avait rejeté la requête de l’Urcoopa, qui cherchait à annuler le protocole signé en 2017 avec le groupe Duchemann et Grondin. Cette décision confirmait le maintien du groupe privé à la direction de l’abattoir Evollys, un enjeu majeur pour la filière avicole réunionnaise.

Lire aussi : Guerre de la volaille : le groupe Duchemann et Grondin conserve le contrôle de l’abattoir Evollys

L’Urcoopa, via sa filiale financière Soficoop placée en procédure de sauvegarde, avait initié une procédure judiciaire pour reprendre le contrôle de l’abattoir, arguant que le protocole de 2017 portait une « atteinte excessive » à ses intérêts financiers. De son côté, le groupe Duchemann et Grondin avait toujours défendu la validité de cet accord, soulignant les investissements réalisés et les améliorations apportées à l’outil industriel depuis sa prise en main.

Ce matin, à l’Urcoopa, le président Henri Lebon a annoncé que l’administrateur judiciaire, Me Langet – dans le cadre de sa désignation dans le dossier Soficoop –, a déposé un recours devant le président du tribunal de commerce de Saint-Denis. « Nous sommes solidaires du choix de l’administrateur », explique Henri Lebon. Et pour montrer cette solidarité, étaient présentes autour de la table toutes les coopératives de l'île : FRCA, Cane, Avi-Pôle... Toutes unies derrière l'Urcoopa. « Il ne s'agit pas d'un combat personnel, ni d'une bataille d'égo, comme l'explique Cédric Duchemann. Il s'agit de savoir quel modèle veut-on pour La Réunion. Soit un modèle capitalistique autour duquel un seul acteur s'approprie toutes les richesses, soit le modèle coopératif où le partage est équilibré. Il faut que l'abattoir reste un outil coopératif aux mains de tous les éleveurs », rappelle avec insistance Henri Lebon.

 

"Il a refusé toutes les mains tendues"

 

L'Urcoopa regrette la décision rendue par le juge-commissaire qui, à ses yeux, n'a pas pris le temps d'aller au fond du dossier. Pour l'Urcoopa, il n'est pas possible de trouver un terrain d'entente, comme l'a suggéré Cédric Duchemann. « Nous sommes allés en conciliation, nous n'avons pas trouvé d'accord entre nous. Il a refusé toutes les mains tendues. À ce stade, c'est à la justice de trancher », poursuit-il.

Lire aussi : Urcoopa déboutée : Cédric Duchemann appelle à l’union pour la filière volaille

Tout le monde le sait, le dossier est particulièrement sensible. Les décisions de justice rendues récemment, et celles à venir, impacteront le modèle réunionnais. « Nous avons pris il y a longtemps ce choix de procéder à de petits élevages que l'on peut retrouver partout. Ce qui nous permet de jouer le jeu sur le prix de l'aliment en étant dans un groupe coopératif. Tout le monde avance en même temps et avec les mêmes pratiques. Ce qui nous permet aussi de maintenir les coûts de production. L'Urcoopa, ce sont des éleveurs derrière. Si demain on change de modèle ? Ce sera un groupe qui décide dans ses intérêts et qui cherchera plutôt à développer ce qui lui tombe dans la poche, plutôt que La Réunion », lâche Alain Dambreville, président de la FRCA.

Tous les regards se tournent désormais vers le tribunal de commerce. Le recours sera audiencé prochainement et examiné en chambre du conseil dans les prochaines semaines. À noter qu'en cas de revirement de position, si le tribunal venait à faire droit à la demande de l’administrateur et de la Soficoop (Urcoopa), le protocole serait suspendu immédiatement.

Etiquettes : Urcoopa

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