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Gérald Darmanin mouille la chemise aux côtés des habitants sinistrés de l’Etang Saint-Paul

Ils vivent dans la crainte d'un débordement de la ravine la Plaine à chaque cyclone. Cette fois les habitants de l’Etang Saint-Paul n'y ont pas échappé. 22 ans que cela n'était pas arrivé. 

Ecrit par Ludovic Grondin – le mercredi 17 janvier 2024 à 16H40

Sous un soleil de plomb, le ministre de l’Intérieur et des Outre-mer n’avait plus besoin de chausser de bottes cet après-midi à l’Etang Saint-Paul. Le quartier du Camp Jacquot était pourtant devenue une île flottante ce lundi.

Rien de surprenant à cela puisque le secteur se trouve dans la zone rouge du Plan de prévention des risques naturels d’inondation (PPRI). Néanmoins, ce fatalisme, les habitants l’acceptent de moins en moins. Pour eux, le niveau de l’eau aurait pu être plus bas si l’entretien du radier, celui qui mène vers le stade olympique et le Ciné cambaie, avait été réalisé avant le passage de Belal. Du côté des institutions, on certifie que ce curage avait été fait mais d’autres débris sont venus obstruer les buses sous le radier.

Du côté de l’embouchure, la digue de sable, qui contient habituellement le niveau de l’étang, avait été ouverte par une tractopelle des services municipaux une fois que la menace Belal se précisait. Ne restait donc plus qu’à prier.

Le scénario du pire est donc arrivé. « Lundi vers 8 heures, nou la vu l’écume l’étang té i commence monter », raconte Gilbert Foc, « bientôt 60 ans », qui assure n’avoir jamais rien vu de tel depuis Dina, c’était en 2002.

« Nou la commence met’ deux trois affaires en hauteur mais n’avait rien à faire », ajoute-t-il. La priorité, dans l’affolement, a été de protéger les affaires importantes. « Lé malheureux nou la pas pu intervenir pour les animaux », explique Gilbert en montrant ses nombreuses cages enfermant ses volailles. Quelques-uns ont néanmoins réussi à s’en sortir. « Nou la eu 30 minutes pour dégage le maximum que nou i pouvait », ajoute à ses côtés Séverine, 42 ans. La famille Foc vit là sur plusieurs générations. Mémé Germaine, 92 ans, a eu droit par exemple à la poignée de main du ministre. Un ministre qui est surtout venu constater – aucune déclaration n’était prévue à l’issue de cette séquence – d’autant plus que le partage des responsabilités est formel en la matière : c’est l’interco du Territoire de l’Ouest qui a récupéré il y a deux ans la compétence « eaux pluviales » ainsi que son levier fiscal associé que constitue la GEMAPI.

Dans la cour de la famille Foc, le niveau de la crue nargue encore ses habitants avec une trace de boue qui longe le mur à environ 1,50 mètre. Gilbert pose tristement devant l’amoncellement de bric-à-brac qui a été sali, détruit par l’eau boueuse, et que doit venir collecter un camion muni d’un grappin. A quelques encablures de là, la famille Chéreau a elle aussi subi Belal. « Moi je vis sur pilotis mais la maison de mon fils est située un peu plus bas », raconte Eliane, venue voir le ministre. Elle a perdu notamment deux réfrigérateurs, qui sèchent désormais au soleil sans certitude qu’ils fonctionnent encore.

Une idée de la crue lundi dernier :

 

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