Echauffourées à Bras-Fusil : Un florilège de mensonges et de discours illogiques

Pendant plusieurs nuits du début d'année dernière, plusieurs bandes rivales étaient venues d'autres communes du département, dont la voisine Saint-André, afin d'en découdre avec les jeunes de Bras-Fusil. Des violences urbaines avaient secoué le quartier, des bagarres avaient fait des blessés graves, dommages collatéraux des échauffourées. La situation avait été prise très au sérieux par les gendarmes pris à partie dans ces affrontements et par la mairie de Saint-Benoit qui avait immédiatement annoncée le déploiement de nouveaux médiateurs de nuit et de caméras de vidéosurveillance dans le centre-ville.
Les prévenus âgés de 18 à 25 ans sans emploi et en formation s'étaient vraisemblablement donné le mot et, un à un, ont déclaré ne pas avoir été présents lors de la fameuse nuit. Malgré l'étude chirurgicale de leur téléphonie prouvant le contraire, les jeunes hommes peu impressionnés par leur comparution ont maintenu le contraire en inventant des mensonges aussi extraordinaires que peu crédibles. "J'avais perdu mon téléphone", a déclaré Daniel S., 21 ans, qui ne s'explique pas pourquoi son appareil a borné sur le lieu de faits entre 20h30 et 3h50, justement pendant les heurts.
"J'étais chez ma copine", poursuit Ali K, 23 ans, 8 mentions à son casier et de nombreux appels avec les autres prévenus au moment des faits. "Des erreurs de l'opérateur", maintient sans vergogne le vingtenaire au parcours de délinquant classique depuis sa minorité. "J'étais pas là. C'est quelqu'un d'autre qui avait mon téléphone", assure Omar H., 20 ans. Mais qui, personne ne le saura même pas lui. "J'étais chez mon cousin. Je ne sais pas comment il s'appelle ni quelle est son adresse", soutient Nounou M, 22 ans.
"Il faut arrêter de se moquer du tribunal"
"Il faut arrêter de se moquer du tribunal", enchaine la représentante de la société. Car cinq des prévenus sont arrivés exactement en même temps dans le quartier et les autres dans le quart d'heure qui a suivi. Face à des "explications délirantes" et des "alibis invérifiables", la parquetière a requis des peines allant de 8 mois de prison contre Fayed M, 22 ans, incarcéré pour d'autres faits, à 6 mois avec sursis probatoire et 4 mois ferme et du travail d'intérêt général pour les autres.
Finalement, cinq d'entre eux devront effectuer 210 heures de travail d'intérêt général dans les 18 mois, sous peine d'être incarcérés pendant 4 mois. Les autres écopent de peines allant de 6 mois à 4 mois ferme. L'un d'entre eux est relaxé faute de preuves.
Pendant cette nuit d'affrontements, un jeune avait été roué de coups par d'autres alors que dans les rues voisines, un homme qui n'avait rien à voir avec les faits et qui conduisait sa famille vers son domicile a eu la mâchoire fracturée par un pavé jeté gratuitement dans sa direction.


