Coup de théâtre, le procès des emplois de cabinet de la Région sous Didier Robert renvoyé

Le procès en appel de Didier Robert, président de Région entre 2010 à 2021, de son vice-président Jean-Louis Lagourgue, de son directeur de cabinet et de conseillers techniques, vient d'être renvoyé en raison de l'existence d'une précédente enquête que la cour d'appel ignorait...
Coup de théâtre au procès dit des emplois de cabinet au sein de la Région Réunion sous la présidence de Didier Robert. La cour d'appel de Saint-Denis vient de renvoyer le procès à la suite de l'examen d'une question de nullité soulevée par la défense. L’incident de nullité a été joint au fond avec un nouveau procès fixé du 15 au 17 avril 2026. À charge pour le parquet général de communiquer les enquêtes précédemment classées d’ici là.
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Le président de la cour et ses assesseurs ont longuement délibéré pour savoir quelle suite ils allaient donner à ce procès. Une question de nullité soulevée par Me Alain Rapady, avocat de la défense de Vincent Bègue, directeur de cabinet de la Région durant la période des faits reprochés, a en effet révélé l’existence d’une enquête portant pour partie sur la même période de prévention pour des suspicions d’emplois fictifs. Cette enquête, qui avait été classée sans suite en 2019, était ignorée des magistrats de la cour d'appel.
Une enquête "fantôme"
Le président de la cour, tout comme la procureure générale, se sont dits extrêmement embarrassés de l'apprendre à travers cette question de nullité, à l'entame du procès en appel.
A la suite de cette révélation, la cour a donc décidé d’entendre chaque avocat ainsi que la procureure générale avant de décider des suites à donner au procès qui, en début d'après-midi de ce mercredi 12 novembre, n’avait donc toujours pas été abordé sur le fond. La procureure générale, qui ignorait jusqu’à ce matin l’existence qualifiée de « fantôme » de cette précédente enquête, a indiqué « partager le courroux » du président qui s’est lui-même dit « furieux ». Et d’ajouter : « Et c’est un euphémisme ! »
Alors que la partie civile plaidait pour un renvoi, Me Payen, pour la défense, demandait naturellement à la cour un abandon des poursuites.
Rappelons que l’ex-président de la Région Réunion, Didier Robert, comparaissait à nouveau ce mercredi devant la cour d’appel de Saint-Denis, aux côtés de son ancien vice-président Jean-Louis Lagourgue, de son ex-directeur de cabinet Vincent Bègue et de huit anciens conseillers techniques.
Tous étaient poursuivis pour détournement de fonds publics, prise illégale d’intérêts, complicité ou recel dans l’affaire dite des « emplois de cabinet ».
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Relaxés en première instance en avril 2024, ils étaient rejugés après que le ministère public a contesté cette décision. L’accusation reprochait à Didier Robert d’avoir constitué une équipe politique au service de ses ambitions personnelles, dépassant largement le nombre réglementaire de collaborateurs autorisés par la loi.
La défense dénonçait pour sa part une enquête « bâclée » et « sujette à caution », estimant que les recrutements en cause relevaient d’une organisation politique normale. Ce procès, qui devait durer trois jours, s’annonçait décisif pour l’ancien président de Région, déjà condamné en 2024 dans une autre affaire liée à des indemnités de logement et en attente d’un nouveau jugement en appel en avril 2026. La décision attendue pouvait, selon son issue, sceller pour un long moment ou au contraire relancer les ambitions politiques de l’ancien élu.


